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 Frères d'Ombre et de Lumière Tome 1 : L'évasion d'Azkaban

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Jarod Goldsmith
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MessageSujet: Frères d'Ombre et de Lumière Tome 1 : L'évasion d'Azkaban   Dim 3 Aoû - 17:13

Voici un projet de fiction que j'ai commencé récemment sur un autre site et dont je posterai aussi les nouveaux chapitres sur ce site régulièrement. Voilà quelques infos pour que vous sachiez à quoi vous attendre :

Thème : Univers Alternatif, 3ème année à Poudlard.

Résumé : William Potter est connu dans tout le monde sorcier sous le nom du Survivant. Populaire comme joueur de Quiddich et entouré de ses deux meilleurs amis, Ron et Hermione, il est reconnu pour avoir vaincu Voldemort les deux années précédentes. Ce n’est pas le cas de son jumeau, Harry, élève discret de la maison Serdaigle. Mais si Ginny a été sauvée de la Chambre par Will, alors pourquoi son sauveur a-t-il des yeux verts ?

Dislaimer : Harry Potter et ses personnages ne m’appartiennent pas et sont la propriété de J.K. Rolling. Hormis les copyrights ci-dessus, cette histoire m’appartient dans sa totalité en vertu de la législation sur la propriété intellectuelle et de celle sur les droits d’auteur. Interdiction formelle de reproduire, d’utiliser et/ou de diffuser cette histoire sans l’autorisation expresse de son auteur.

Bonne lecture à tous !

_________________


Qui que je sois au fond de moi, je ne suis jugé que par mes actes.
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MessageSujet: Re: Frères d'Ombre et de Lumière Tome 1 : L'évasion d'Azkaban   Dim 3 Aoû - 17:17

Frères d'Ombre et de Lumière


Tome 1 : L'évasion d'Azkaban


Prologue

Qu’est-ce que l’Histoire, sinon une fable sur laquelle tout le monde est d’accord ?
Napoléon 1er



Chacun de ses pas était douloureux mais il continuait à avancer malgré tout. Son bras droit le faisait atrocement souffrir, le poison se répandant dans ses veines à une vitesse fulgurante, bien qu’il eut fait son possible pour ralentir sa course. Laissant tomber l’épée argentée derrière lui, il tenait toujours fermement le croc du Basilic dans sa main gauche. Sa vue se brouillait déjà lorsqu’il tomba à genoux juste à côté de Ginny, dont le visage était atrocement pâle.

Fumseck se posa à ses côtés, les yeux emplis de larmes. L’adolescent de douze ans se retint de sourire, le front ruisselant de sueur, comprenant ce que l’oiseau immortel essayait de faire. Jedusor, en revanche, ne semblait pas l’avoir encore réalisé.

-Je vais m’asseoir et te regarder mourir, William Potter. Prends ton temps, je ne suis pas pressé.

Le garçon aux cheveux noir de jais se sentit vaciller. Tout tournait autour de lui. La voix de l’Héritier de Serpentard lui semblait plus lointaine mais toujours aussi glacée.

-Ainsi finit le célèbre William Potter. Seul dans la Chambre des Secrets, oublié par ses amis et enfin terrassé par le Seigneur des Ténèbres qu’il avait si sottement défié…Mais Lord Voldemort a fini par te vaincre, comme il se devait.

L’élève ne répliqua pas mais intérieurement, il remerciait grandement Fumseck. Sa vue s’éclaircissait et la Chambre réapparaissait petit à petit dans son champ de vision. Faisant un imperceptible mouvement de tête, il aperçut le phénix posé sur son bras. Ses larmes de perle avaient formé une tâche qui brillait autour de sa blessure…jusqu’à ce que cette dernière ne disparaisse complètement.

-Les larmes du phénix…un puissant remède contre les blessures…Je l’avais complètement oublié…

Les yeux noirs du Seigneur des Ténèbres se posèrent sur l’adolescent, le fixant intensément de son regard chargé de démence.

-Mais ça ne fait rien. En fait, je préfère qu’il en soit ainsi. Rien que toi et moi, Potter…Toi et moi…

Jedusor brandit la baguette magique mais pas assez vite. Le garçon roula sur le côté, le crochet toujours dans sa main, et le planta dans le journal. S’il fit mine d’entendre le hurlement perçant du mage noir, il n’en montra rien. Alors que Jedusor se tordait sur le sol, criant à pleins poumons, l’adolescent se contentait d’observer le flot d’encre qui avait jailli du cahier.

Plongeant une nouvelle fois le croc dans le livre, le jeune Potter s’aperçut que le Seigneur des Ténèbres avait complètement disparu. Son regard se posant à nouveau sur le journal, il constata que le venin du Basilic avait fait un trou dans le petit livre noir, brûlant les pages de part en part.

-C’est terminé... Plus que six. Déclara-t-il dans un murmure, essuyant la sueur qui perlait sur son front.

Il mit le journal dans sa poche d’une main fébrile puis tenta de se remettre debout. Cette tâche fut légèrement plus difficile que prévu, car les effets secondaires du poison ne s’étaient pas entièrement dissipés et ses jambes étaient encore chancelantes.

Faisant quelques pas en avant, en direction de l’endroit précis où avait disparu Jedusor, il ramassa sa baguette, manquant de trébucher au passage. Mettant un genou à terre, tout en maudissant sa propre faiblesse, il sortit une petite fiole de sa poche, au liquide pourpre, dont il avala une gorgée.

Secouant la tête, il se remit debout et récupéra également l’épée, qu’il plaça à sa ceinture. Il se pencha ensuite vers Ginny et prit son pouls. Bien qu’elle eut les yeux à moitié ouverts, elle semblait encore absente, peut-être inconsciente. Plaçant sa baguette et l’épée à sa ceinture, il prit l’adolescente dans ses bras avant de se tourner vers Fumseck.

-J’aurais besoin d’un peu d’aide pour retourner dans les toilettes où se trouve l’entrée de la Chambre. Pourrais-tu nous y emmener à l’aide de ton pouvoir de disparition ?

Pour toute réponse, l’oiseau s’élança vers lui et l’adolescent attrapa les plumes du phénix à l’aide de sa main libre, disparaissant instantanément dans un brasier étincelant.

Il réapparut la seconde suivante dans les toilettes désaffectées du deuxième étage, où se trouvait le corps inconscient d’un garçon au physique identique au sien, excepté qu’il n’avait pas de cicatrice sur son front.

Le garçon déposa Ginny à côté de lui et le journal. S’éloignant de quelques pas, il retroussa sa manche droite, dévoilant un bracelet en argent à son poignet, gravé d’inscriptions runiques. Murmurant à voix basse, il fit apparaître un rayon de lumière blanche depuis le bracelet, qui prit la forme d’un disque de lumière devant lui, tel un projecteur. Une silhouette commença alors à se dessiner dans le disque de lumière.

Il s’agissait d’une femme, d’une grande beauté et aux longs cheveux blonds. Les traits de son visage pâle dégageaient quelque chose de divin, d’énigmatique même. D’ailleurs, cette aura de mystère était magnifiée par sa robe d’une blancheur immaculée, seulement entravée par la ceinture argentée qu’elle portait à sa taille. Ses lèvres se plissèrent en un sourire amusé alors que ses pétillants yeux bleus, parsemés de lueurs dorées, le fixaient.

-Cela faisait longtemps…

-En effet, Dame Brunehilde. J’aurais besoin de vos services, une nouvelle fois. Pouvez-vous modifier la mémoire de mon frère comme vous l’avez fait l’an passé ?

-La contrepartie n’est pas très importante mais tu sais que tu ne fais que reculer l’inéluctable…Pourquoi tant de modestie à l’égard de tout ce que tu as accompli ?

-Il a été désigné par Dumbledore lui-même comme étant le Sauveur du monde sorcier. Il a également été acclamé pour avoir empêché le vol de la pierre philosophale l’an passé… Répondit-il d’un ton monocorde.

-Dois-je te rappeler que c’est toi, jeune Potter, qui l’a empêché ? Je dois t’avertir que c’est la dernière fois que je réalise ce souhait. L’interférence serait trop importante si je continuais et le prix s’avérerait…bien trop élevé.

-Je comprends. Cela suffira-t-il comme paiement ?

Et tout en parlant, l’adolescent avait sorti le crochet du basilic de sa poche. Les yeux bleu clair de la dénommée Brunehilde l’observèrent un moment, le visage indéchiffrable, avant de finalement répondre d’une voix neutre.

-Oui, cela suffira.

Et sur ces mots, le crochet sembla aspiré par un vent puissant et disparut, alors qu’une lumière argentée se mit à émaner du front du garçon inconscient. L’adolescent poussa un soupir avant de prendre sa baguette, nettoyant instantanément la boue et le sang qui souillaient son uniforme.

-Merci pour votre générosité, ma dame. Vous m’avez été d’une grande aide, une fois de plus.

La femme esquissa de nouveau un sourire amusé, puis porta un doigt à ses lèvres, semblant pensive l’espace d’un court instant. Lorsqu’elle reprit la parole, sa voix était plus douce, s’exprimant d’un ton presque…maternel.

-Tu as conscience que d’ici quelques semaines, tu auras achevé de payer la première requête que je t’avais accordée il y a sept ans de cela, n’est-ce pas ?

-J’en suis conscient…mais c’est « inéluctable », je suppose… Rétorqua-t-il d’un ton aussi triste que cynique.

-Tout à fait. Lors de ta prochaine rentrée, tout changera autour de toi. Les roues du destin ont déjà commencé à tourner, et des événements bons autant que mauvais se produiront. Tiens-tu toujours à rester dans l’ombre ?

-Tel est mon « destin », vous l’avez dit vous-même…mais cela ne durera plus très longtemps. D’ici le début de ma troisième année, j’aurais acquis suffisamment de connaissances pour ouvrir le portail. Je maîtrise déjà huit runes et j’en aurais maîtrisé quatre de plus d’ici les trois prochains mois. Il ne me manquera plus qu’à réunir les éléments nécessaires pour le rituel…

-Impressionnant…si telle est la voie que tu as choisie, je ne peux m’y opposer. A très bientôt…Harry Potter.

Et l’image disparût alors que la lumière s’éteignait doucement. Les yeux émeraude de l’adolescent se posèrent à nouveau sur la silhouette inconsciente de Ginny. Il ne put s’empêcher de s’approcher d’elle une dernière fois, dégageant une mèche de cheveu. En voyant que son visage reprenait des couleurs, il esquissa un léger sourire, emprunt de mélancolie.

-Au moins, je n’aurais pas fait tout cela en vain…Garde-toi bien, Ginny Weasley.

Puis il se détourna d’elle et quitta rapidement la pièce. Il entendit les pas précipités des professeurs alors qu’il disparaissait au détour d’un couloir, s’enfonçant dans les ténèbres…


Dernière édition par Jarod Goldsmith le Dim 3 Aoû - 17:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Frères d'Ombre et de Lumière Tome 1 : L'évasion d'Azkaban   Dim 3 Aoû - 17:28

Chapitre 1 : Aigle solitaire

Le grand homme est comme l’aigle ; plus il s’élève, moins il est visible, et il est puni de sa grandeur par la solitude de l’âme.
Stendhal


Le festin de début d’année allait bientôt commencer et tout le monde attendait avec impatience le discours du directeur –ou plutôt la fin de son discours– pour se ruer sur les plats qui n’allaient pas tarder à apparaître. C’était donc une ambiance plutôt animée qui régnait dans la Grande Salle, bien que certains soient plus mesurés que d’autres.

Assis à la table des Griffondor, trois adolescents de treize ans discutaient joyeusement. Le premier avait des cheveux roux et le visage constellé de taches de rousseur alors que la seconde avait d’épais cheveux bruns ébouriffés. Le dernier avait quant à lui d’indomptables cheveux noirs de jais et des yeux noisette derrière ses lunettes rondes.

Les trois adolescents étaient appelés le trio d’or. Le rouquin était le plus jeune fils de la famille Weasley, Ronald, et s’avérait être un très bon joueur d’échecs en plus d’un ami fidèle. La brune à l’air autoritaire n’était autre qu’Hermione Granger qui, bien que née de parents moldus, était réputée pour son intelligence et sa culture hors normes.

Le nom de l’adolescent aux cheveux noirs était connu de tous dans le monde sorcier, puisqu’il s’agissait de William Potter, alias le Survivant, ou encore « l’Elu ».

Toutefois, s’il n’y avait pas un sorcier dans tout le Royaume-Uni qui ignora le nom du « Sauveur », peu de gens étaient au courant de l’existence de son frère. Bien qu’ils aient le même âge et un physique quasiment identique, ils étaient faux jumeaux.

En effet, alors que Will avait hérité des yeux noisette de son père, Harry Potter possédait le même regard émeraude que sa mère. Ce dernier se trouvait d’ailleurs assis à la table des Serdaigle, un peu à l’égard des autres, et le nez plongé dans un livre. Malheureusement pour lui, la voix forte d’Albus Dumbledore le tira de sa lecture et l’obligea à orienter son regard vers le vieux sorcier.

-Bienvenue à tous ! Bienvenue pour une nouvelle année à Poudlard ! Je suis heureux d’accueillir parmi nous trois nouveaux enseignants, tout d’abord le professeur James Potter qui a accepté de prendre une année sabbatique de son poste d’Auror spécialement pour vous enseigner la Défense contre les forces du Mal.

Il y eut un tonnerre d’applaudissements de la part des Griffondors, et plus particulièrement de Will, Ron et Hermione. Le reste des maisons lui adressa quelques applaudissements plutôt tièdes, préférant attendre de voir son talent de professeur avant de le juger. Ils avaient été trop déçus par le professeur Lockart pour ne se fier qu’aux apparences.

-Quant aux autres nominations, je dois vous informer que les professeurs Babbling et Brûlopot, qui enseignaient respectivement l’Etude des Runes et les Soins aux créatures magiques, prennent leur retraite. Les cours d’Etude des runes seront dispensés par le professeur Evans alors que Rubeus Hagrid s’occupera des cours de soins aux créatures magiques. Je crois avoir dit l’essentiel, que le festin commence !

Harry avait refermé son livre lentement, le regard perdu dans le lointain. Il toucha à peine au festin et ne s’attarda pas à table, quittant la Grande salle dès que les élèves et professeurs furent suffisamment occupés avec leurs conversations pour ne pas remarquer son départ. Toutefois, une personne au moins l’avait remarqué et s’était d’ailleurs levée elle aussi pour le suivre…




Lily Potter, à présent connue par tous les élèves sous le nom de « Professeur Evans », avait sciemment choisi d’être appelée par son nom de jeune fille pour éviter toute confusion avec son mari, qui serait appelé Professeur Potter. Elle avait d’ailleurs l’impression de se retrouver vingt-ans en arrière, à l’époque où elle étudiait elle aussi dans cette merveilleuse école.

Assise entre son époux et le professeur Rogue, elle avait engagé une intéressante conversation sur les potions avec ce dernier, tandis que James parlait de Quiddich avec Minerva McGonagall. Severus Rogue était un homme détesté par bon nombre de ses élèves et peu apprécié de la plupart de ses collègues. Toutefois, en tant qu’ancien camarade de classe et surtout meilleur ami pendant des années, Lily appréciait beaucoup le professeur.

Ils s’étaient rapprochés à Poudlard en raison de leur passion commune pour les potions et de leur rigueur dans leurs études. Toutefois, une fois qu’elle avait commencé à sortir avec James, ils s’étaient vus de moins en moins puis finalement perdus de vue. C’était un plaisir pour elle que de le revoir et lui reparler comme avant.

-Cela m’étonne que tu ne m’aies pas encore interrogé au sujet de tes fils, Lily. Lâcha-t-il au bout d’un moment, sur le ton de la conversation.

La remarque de son ami la laissa songeuse pendant quelques instants. En effet, elle avait parfois du mal à se rappeler qu’elle avait deux fils tant ils étaient différents. William occupait la plupart de son temps libre, lui jouant constamment des plaisanteries avec son père. Il avait hérité de James son talent pour le Quiddich mais aussi sa faculté à faire des blagues et à désobéir au règlement.

Le jeune Potter aux yeux noisette avait toujours été d'un naturel joyeux et malicieux, apprenant à jouer des tours à sa mère avant même de savoir marcher. C'était le genre d'attitude qui l'avait à la fois amusée mais aussi exaspérée, d'autant plus que James et Sirius se contentaient d'éclater de rire à chaque fois que le garçon faisait des siennes.

D’un autre côté, Harry avait toujours été un enfant calme et silencieux, si ce n’est pendant les nuits qui avaient suivi la défaite de Voldemort il y a douze ans. Plus réservé et solitaire que Will, il semblait préférer la compagnie des livres à celle des gens de son âge. D’ailleurs, Lily n’avait jamais reçu d’hibou de la part d’Albus concernant son comportement, chose dont elle ne pouvait pas se vanter au sujet de William. Etrangement, elle peinait à se souvenir d'une quelconque blague que lui aurait joué le Serdaigle.

-Parle-moi un peu de William, Severus. Il m’a dit qu’il avait quelques difficultés dans ta matière.

-Quelques difficultés ?! Sans vouloir te froisser, Lily, il a hérité de l’inaptitude de ton mari à préparer une potion correctement. Surtout que ce n’est même pas une question d’efforts, il part avec des préjugés et ne met aucune bonne volonté. En plus, il est d’une arrogance sans limites…

Lily s’était attendue à ce genre de réaction et ne put s’empêcher d’esquisser un léger sourire. Après tout, William était le fils de James et James avait toujours eu des problèmes avec Severus à Poudlard. C’était un peu une revanche que le maître des potions prenait sur son vieil ennemi mais la Griffondor ne lui en voulait pas. Prise de curiosité, elle posa une autre question.

-Et Harry ?

La réaction du Serpentard ne fut pas du tout celle à laquelle elle se serait attendue. Le regard du maître des potions sembla s’éclairer à l’évocation du nom de son second fils. Et son expression passa d’un air outragé à un sourire ironique sur les lèvres.

-Celui-là a définitivement hérité de ton don pour les potions, Lily. J’étais un peu réticent à le reconnaître au début mais parfois il me surprend moi-même… Il n’a de James Potter que l’apparence.

-Que veux-tu dire ?

-Ce n’est pas un Griffondor, fonceur ou tête brulée. Il est calme, patient, consciencieux et fait davantage preuve d’humilité que son crétin de frère. A vrai dire, il m’a pas mal fait penser à Lupin dans sa façon d’agir.

-Remus ?

Le maître des potions acquiesça de la tête tout en portant à ses lèvres son gobelet de jus de citrouille. Il était bien rare qu’il fasse des compliments sur ses élèves, surtout lorsqu’ils n’appartenaient pas à sa maison. Toutefois, il y avait quelques exceptions, notamment les élèves qui s’avéraient si doués dans sa matière qu’ils en forçaient l’admiration.

-Il est réservé et parle peu mais à chaque fois qu’il est interrogé, il te donne la bonne réponse. Ni plus, ni moins, et toujours en la formulant de manière différente que ce qui est indiqué dans le manuel. Ça change de cette insupportable miss Granger…

-Es-tu sûr qu’il soit si doué ? Il ne m’en a pourtant jamais parlé… Demanda l’enseignante d’un ton incertain.

-Lily, il a réussi à préparer sous mes yeux un philtre de paix à la fin de sa première année ! C’est une potion qu’on étudie normalement pour les B.U.S.E et crois-moi qu’elle était parfaitement exécutée !

Cette remarque laissa l’épouse de James pensive. Elle-même n’avait été capable de réaliser un philtre de paix qu’au terme de sa troisième année, et c’était justement grâce à l’aide de Severus. Elle commençait donc sérieusement à s’interroger concernant Harry. Levant les yeux vers la table des Serdaigle, elle remarqua que ce dernier avait déjà quitté la grande salle.

-Severus…sais-tu où je pourrais me procurer une copie des bulletins de mes fils ?

-Renseigne-toi auprès de Mme Pince. Elle est non seulement en charge de la bibliothèque mais aussi du classement des bulletins des élèves. Il y en a qui remontent très loin d’ailleurs…par contre, tu n’en trouveras qu’un.

-Comment ça ?

-Les examens de fin d’année avaient été annulés il y a deux ans. Tu ne trouveras donc que ceux de seconde année de tes garçons.

-Oh, je comprends. Merci beaucoup, Severus. J’ai adoré discuter avec toi.

-Je t’en prie, Lily. Si jamais tu as besoin d’autre chose, tu sais où me trouver.

La Griffondor lui adressa un sourire chaleureux avant de quitter la table des professeurs. Il se faisait tard et elle n’avait pas encore terminé de préparer ses cours pour le lendemain. Toutefois, elle nota dans un coin de sa tête d’aller consulter les bulletins. A cause des événements de l’année précédente, William avait oublié de lui montrer et elle était légèrement curieuse de ses résultats.
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MessageSujet: Re: Frères d'Ombre et de Lumière Tome 1 : L'évasion d'Azkaban   Dim 3 Aoû - 17:30

L’adolescente parcourait le couloir d’un pas rapide et qu’elle espérait être suffisamment silencieux. Elle n’avait pas quitté le Serdaigle des yeux depuis son arrivée dans la Grande Salle mais elle avait bien failli le perdre de vue lorsqu’il s’était éclipsé en plein milieu du festin.

Cela faisait près d’une demi-heure qu’elle lui courrait après, n’arrivant pas à croire qu’il puisse marcher si vite et sans faire le moindre bruit. Tournant à une intersection, elle ne put retenir un cri de surprise lorsqu’elle vit une lumière étinceler sur le sol.

Remarquant l’étrange cercle tracé à ses pieds, elle se rendit rapidement compte qu’elle était prisonnière d’une sorte de champ de force. C’est alors qu’elle aperçut une silhouette sortir de l’ombre devant elle, sa baguette pointée dans sa direction.

-Ginny Weasley ? Je m’attendais plutôt à trouver ton frère…ou le mien. T’ont-ils chargé de me suivre ?

La voix de l’adolescent était parfaitement mesurée et sa main ne tremblait pas alors que sa baguette était toujours levée. Vêtu de l’uniforme habituel des étudiants de Poudlard, avec le blason des Serdaigle sur son torse, il la fixait de ses yeux verts avec intensité.

Son visage pâle était totalement inexpressif mais son regard…c’était comme si son regard émeraude était capable de la transpercer de part en part. Bien que gênée, la jeune Weasley ne détourna pas les yeux, et fut encore plus surprise lorsqu’il reprit la parole d’un ton songeur, abaissant sa baguette au passage.

-Tes pensées sont troubles mais apparemment, tu es venue de ton propre chef. Pourquoi es-tu ici ?

Ginny déglutit avec difficulté. S’il était capable de lire dans ses pensées, ça allait s’avérer encore plus pénible de lui soutirer les informations qu’elle souhaitait obtenir. Malheureusement, elle n’avait d’autre choix que de jouer carte sur table et d’espérer qu’il lui parlerait.

-Je…je sais ce qui s’est passé dans la Chambre des Secrets.

Aucune réaction de la part du Serdaigle, si ce n’est cette furtive lueur qui était apparue dans ses yeux, peut-être d’étonnement ou bien de tristesse.

-Je suis content pour toi mais je le sais aussi. Après tout, mon frère n’est pas peu fier de t’avoir sauvé la vie. Ce qui m’intéresse, c’est plutôt mon rapport avec cette affaire.

-Ce n’est pas Will qui m’a sauvé la vie dans la chambre…c’est toi !

Le premier changement notable s’opéra dans la physionomie du jeune Potter. Car si son visage ne perdit pas son masque d’impassibilité, ses yeux verts se firent instantanément beaucoup plus froids. Ce fut d’ailleurs d’un ton sec qu’il reprit la parole.

-Je te prierai de ne pas te moquer de moi, Weasley. J’ai déjà suffisamment à faire avec le « trio d’or » et je ne prendrai pas de gants avec toi. Ce cercle d'ogham perdra son efficacité d’ici une demi-heure. Bonne soirée.

Et il tourna les talons, commençant à s’éloigner par là d’où il était venu. Sentant qu’elle était peut-être sur le point de perdre sa dernière chance de lui parler, elle s’écria :

-Tu es un Fourchelang !! Will n’en est pas un, il n’a pas pu entrer dans la Chambre !

Harry stoppa net, avant de se retourner lentement vers elle. A présent, ses yeux n’étaient plus froids, ils étaient remplis d’anxiété, peut-être d’inquiétude aussi. Aucun doute, elle avait visé juste.

-C’est impossible, tu ne peux pas te souvenir…

-Si, justement. Mes souvenirs étaient très flous au début mais pendant l’été, j’ai commencé à me rappeler certains détails…dont tes yeux. Tu as les yeux verts, alors que ceux de Will sont marrons. De même que tu avais cette cicatrice sur le front en forme d’éclair…

-STOP ! Je ne veux rien entendre de plus !

-Pourquoi ?! Quel mal y a-t-il à m’avoir sauvé la vie ?! Et surtout, pourquoi as-tu implanté tes souvenirs dans la mémoire de William ? Je veux des réponses sinon j’irai tout dire à Dumbledore et…

Mais avant qu’elle n’ait pu terminer sa phrase, l’adolescente se sentit poussée en arrière, se retrouvant dos au mur. Le champ de force n’existait plus mais la baguette d’Harry était à présent pointée sur sa tête, à seulement quelques centimètres de son nez.

-William est le Sauveur du monde sorcier et il le restera ! Je ne suis que son ombre depuis douze ans et j’entends le rester ! Et je ne te laisserai pas mettre en l’air sept années de préparation et d’entraînement acharné !! Déclara-t-il d’un ton sans appel.

-Je…je ne comprends pas…

Harry remonta sa manche et marmonna des paroles à voix basse, faisant apparaître un rayon de lumière depuis son bracelet. L’image d’une femme aux longs cheveux blonds apparût alors devant eux, et elle avait l’air plutôt énervée.

-Harry James Potter ! Je te signale que le Soleil n’est pas encore levé dans mon monde. Si jamais tu m’as réveillé pour rien…

-C’est une urgence, dame Brunehilde ! Elle...elle se souvient de ce qui s’est passé dans la Chambre, j’ai besoin de votre aide !

La dame observa un instant Ginny, avant d’esquisser un sourire malicieux, ses yeux bleus trahissant un vif intérêt pour cette situation. Sans savoir pourquoi, Harry ressentit un très mauvais pressentiment, qui le fit frissonner.

-Je suis désolée mais je ne peux rien pour toi, Harry. Je t’ai dit que je ne modifierai plus la mémoire de ton frère et je ne le ferai pas non plus sur cette jeune fille. Maintenant, si tu permets…

-Ce n’est pas drôle ! Il me faut encore au moins huit mois pour compléter le rituel ! Je ne peux tout même pas lui effacer la mémoire moi-même ! Je pourrais la rendre complètement amnésique !

-Ai-je dit cela ? Et si tu lui disais la vérité ? Ne serait-ce pas apaisant d’avoir une personne sur qui se reposer en cas de problèmes ? Tu ne pourras pas toujours tout faire tout seul, Harry, même si tu es le…

-ça suffit ! J’ai compris ! La coupa-t-il d’un ton brusque, mais aussi empreint de nervosité.

-Oh, bien alors. Au fait, la malédiction a cessé depuis plus d’un mois à présent. Ont-ils commencé à te remarquer ?

Un sourire cynique prit place sur le visage de l’adolescent, qui demeura néanmoins silencieux. La réponse en elle-même était éloquente, bien qu’elle navra Brunehilde. Après un bref salut, l’image disparût et la lumière s’éteignit.

Lorsque le Serdaigle se retourna vers Ginny, il avait l’air…résigné.

-Nous en parlerons demain. C’est une longue histoire et je n’ai pas envie de la raconter au milieu d’un couloir. Tu m’as déjà fait courir suffisamment de risques comme ça pour aujourd’hui…

-Eh ! Mais qui me dit que tu ne vas pas essayer de recontacter cette femme et altérer mes souvenirs ?!

-Dame Brunehilde n’est pas du genre à revenir sur sa parole. Elle m’avait prévenu qu’il m’arriverait un tas de choses…inattendues cette année mais j’espérais avoir un peu de temps devant moi… (Il prit un air pensif avant de relever la tête, articulant d’une voix forte) Dobby !

Un « pop » se fit entendre et un petit elfe de maison apparût face à eux, ses grands yeux verts étant fixés sur Harry. Ginny ne manqua pas de remarquer l’adoration que semblait vouer le petit être envers le Serdaigle lorsqu’il prit la parole.

-Harry Potter ! Dobby est heureux que vous l’ayez appelé ! Qu’est-ce que Dobby peut faire pour votre service, monsieur ? Demanda-t-il d’un ton enthousiaste.

-J’aimerais que tu conduises Mlle Weasley ici présente devant la Salle sur Demande, demain matin à 8h. Cela te convient-il ? Interrogea le jeune Potter en se retournant vers Ginny.

-Euh oui…mais c’est quoi la Salle sur Demande ?

-Tu le sauras demain.

Le jeune Potter sortit alors un morceau de parchemin et une petite bourse en cuir de sa poche et les tendit à Dobby, qui les prit tout en s’inclinant avec déférence.

-Je voudrais que tu t’occupes d’acheter ces fournitures sur le Chemin de Traverse. Ce n’est pas pressé, tu as une semaine devant toi mais ça m’arrangerait que tu aies réussi à tout réunir d’ici là.

-Bien sûr monsieur ! Dobby fera tout ce que lui demandera Harry Potter ! Dobby ne pourra jamais assez remercier Harry Potter de lui avoir donné sa liberté !

-Ce n’est rien, Dobby. Je t’ai déjà dit que ce n’était qu’un juste retour des choses après ce que tu as fait pour moi. Maintenant, dépêche-toi de retourner aux cuisines avant que quelqu’un ne remarque ton absence. Ça m’ennuierait que tu aies des ennuis à cause de moi.

-Oh Harry Potter est trop bon avec Dobby ! Bonne nuit, monsieur !

Et il disparût de la même façon dont il était venu. La jeune Weasley remarqua alors le léger sourire attendri qui flottait sur les lèvres du Serdaigle. C’était d’ailleurs bien la première fois qu’elle le voyait sourire.

-C’est ton elfe de maison ? Demanda-t-elle.

-Non, c’est un ami. Je l’ai affranchi l’année dernière. Avec les Malefoy pour maîtres, il était particulièrement malheureux le pauvre… Répondit-il d’une voix douce.

Mais il sembla se rendre compte qu’il avait parlé à voix haute et son visage se ferma de nouveau, avant qu’il ne se tourne une dernière fois vers elle, rangeant sa baguette.

-Je te déconseille d’aller raconter ce que tu sais à Dumbledore ou à qui que ce soit d’autre. Dans le cas contraire, je le saurai et sache que je te le ferai amèrement regretter…

-C’est une habitude chez toi d’être aussi…paranoïaque ? L’interrogea-t-elle d’un ton sarcastique.

-Non, ce sont juste les stigmates que m’ont laissé deux échauffourées avec Voldemort et deux années à subir les blagues incessantes de nos frères respectifs… Répondit-il d’un ton glacial.

Et il disparût au détour d’un couloir sombre, laissant l’adolescente dans un état de profonde stupéfaction…mais sans comprendre pourquoi, à cet étonnement se mêlait une certaine excitation. Son intuition lui soufflait qu’elle allait apprendre beaucoup de choses en compagnie du méconnu Harry Potter…
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MessageSujet: Re: Frères d'Ombre et de Lumière Tome 1 : L'évasion d'Azkaban   Sam 22 Nov - 20:50

Chapitre 2 : Mauvais rêve

Le caractère, c’est d’abord de négliger d’être outragé ou abandonné par les siens.

Charles de Gaulle



-Maman ! Maman, regarde ! Je n’ai plus besoin d’images pour lire !

Le petit garçon de cinq ans se rapprocha de la table, un grand sourire aux lèvres et un petit livre dans les mains. C’était un roman d’aventure, assez court mais facile à comprendre pour un enfant, et qui était surtout dépourvu d’images. Remus le lui avait offert pour son anniversaire, deux semaines plus tôt, et le garçon s’était empressé de le dévorer des yeux.

Lily Potter se tenait à quelques mètres de lui, essuyant quelques assiettes. Elle s’était toujours fermement opposée à ce que des elfes de maison s’occupent des tâches ménagères et s’en acquittait donc à tour de rôle avec James. Elle tourna son regard émeraude vers Harry, esquissant un léger sourire.

-Qu’y a-t-il, Harry ?

-Oncle Remus m’a donné ce livre pour mon anniversaire ! Et j’arrive à le lire tout seul !

-C’est très bien, mon chéri. Il faudra que tu aides un peu ton frère pour lui apprendre à lire, d’accord ?

Faisant son possible pour ignorer le fait que sa mère n’avait pu s’empêcher de citer William après l’avoir complimenté, son visage s’éclaira d’un grand sourire et il acquiesça vivement de la tête.

-Maman, est-ce que tu pourrais…

-MAMAN ! Viens voir ! Papa m’a fait voler sur son balai !

-J’arrive tout de suite, mon chéri !

Et tout en reposant l’assiette qu’elle tenait en main, elle se précipita à l’extérieur, un grand sourire aux lèvres. Harry resta quelques instants au même endroit, le livre en main, avant de finalement baisser la tête. C’était le genre de moments où son cœur le serrait, bien qu’il ignora pourquoi. Grimpant les escaliers à toute vitesse, il se rua dans sa chambre tout en prenant soin de refermer la porte derrière lui. Puis il s’allongea sur son lit et les larmes commencèrent à couler.

-Je…je deviendrai grand…et un jour, j’aurais plus besoin de maman ! Je saurai tout faire tout seul !

L’adolescent ouvrit soudainement les yeux tout en se redressant, le souffle court. Passant une main sur son visage, il tendit une main fébrile vers la table de chevet. Attrapant à la fois ses lunettes et sa montre, il poussa un léger soupir en observant le cadran. 6h27. Trois minutes plus tôt que d’habitude…si ces cauchemars continuaient à grappiller son temps de sommeil, il finirait par ne plus dormir du tout.

Se levant dans un parfait silence pour ne pas réveiller les autres garçons du dortoir, il se dirigea vers la salle de bain, le visage tout aussi pâle que la veille. Prenant une rapide douche, il s'arrêta quelques secondes pour observer son reflet dans le miroir après s’être habillé.

Ses traits étaient un peu tirés et les cernes sous ses yeux ne disparaissaient pas. Cela n’avait rien d’étonnant en soi mais il aurait aimé que les signes soient moins « visibles ». Quoiqu’en y réfléchissant, cela réduisait les chances qu’il soit confondu avec son frère. Will n’avait jamais eu l’air fatigué, ou en tout cas pas fatigué de cette manière.

Posant ses mains sur le lavabo, il laissa son regard s’attarder un moment sur le bracelet argenté, présent sur son avant-bras droit. Sa vie avait changé le jour où il l’avait reçu, sept ans auparavant. Ou plus précisément, sa vie avait été radicalement transformée le jour où il avait scellé ce pacte.

Pourtant, il ne regrettait rien. En définitive, il n’avait pas perdu grand-chose…et peut-être même gagné une chance de vivre, au moins quelques années de plus…

Un « pop » sonore se fit entendre mais le jeune Potter ne sourcilla pas, se contentant de se retourner lentement. Un léger sourire se mit à flotter sur ses lèvres lorsque ses yeux se posèrent sur le petit être face à lui. L’elfe de maison portait un lourd sac de toile qui semblait bien trop grand pour lui.

-Bonjour Dobby. Qu’est-ce qui t’amène de si bon matin ? Demanda l’adolescent d’un ton amical.

-Bonjour Harry Potter ! Dobby est allé sur le Chemin de Traverse et il a presque tout rapporté ! Il n’y a que deux articles que Dobby n’a pas pu ramener tout de suite, monsieur. Le vendeur a dit qu’ils seraient prêts d’ici trois jours. S’exclama l’elfe d’un ton joyeux.

-C’est génial, Dobby. Merci pour la peine que tu t’es donné.

-Vous n’avez pas à me remercier, monsieur Harry Potter. Dobby est fier d’être votre ami ! Dobby va retourner en cuisine vous préparer à déjeuner ! Dobby ira ensuite réveiller mlle Weasley ! Au revoir…

-Attends, Dobby.

L’elfe s’arrêta net, le visage soudain plus inquiet. Le ton employé par le jeune Potter avait été empreint de nervosité, et Harry Potter était très rarement nerveux.

-Dobby…est-ce que tu penses que je peux faire confiance à Ginny ? Je veux dire…est-ce que tu penses que je peux tout lui raconter ?

Voilà un autre détail qui distinguait Harry du reste des sorciers aux yeux de l’elfe. Aucun autre sorcier, ou en tout cas aucun que Dobby ait jamais raconté, n’aurait demandé son avis à un elfe de maison. Le jeune Potter traitait l’ancien serviteur des Malefoy comme un véritable ami, lui confiant des secrets et lui demandant ouvertement son opinion.

L’opinion d’un elfe de maison était sensée ne revêtir aucune valeur aux yeux du monde sorcier, les elfes n’étaient après tout ni plus ni moins que des esclaves, nés pour servir chaque jour de leur vie depuis leur naissance jusqu’à leur mort.

Dobby rêvait d’être affranchi et Harry Potter avait réalisé son rêve. Même Albus Dumbledore, réputé pour être l'un des plus grands humanistes de Grande-Bretagne, ne s’était jamais vraiment intéressé aux elfes. Bien sûr, il les traitait avec bienveillance mais n’en demandait pas moins d’eux la même obéissance que tous les autres maîtres.

Ce fut donc avec les yeux encore plus brillants de joie que d’habitude que l’elfe reprit la parole de sa petite voix aiguë.

-Mlle Weasley n’est pas méchante mais…elle vous ressemble, monsieur. Déclara-t-il prudemment.

-Que veux-tu dire ? Demanda Harry d’un ton surpris.

-Dobby ressent beaucoup de tristesse…beaucoup de peur…mlle Weasley a beaucoup souffert à cause du journal, Harry Potter.

Harry sentit un frisson le parcourir, rien qu’en se remémorant son affrontement avec le fantôme de Tom Jedusor, l’année précédente. Il n’arrivait même pas à imaginer quel genre de supplice avait dû endurer Ginny d’avoir été possédée par un tel individu pendant près d’un an. Etrangement, il ressentit un élan de sympathie à son égard, exactement comme cette nuit-là, où elle était passée à deux doigts du repos éternel...

-Tu as raison, Dobby. Je pense que je vais lui dire la vérité. Déclara-t-il d'un ton plus assuré.

-Bien, monsieur. Pensez à prendre un bon petit-déjeuner, vous avez besoin de forces, Harry Potter. Répondit simplement l'elfe avec gaieté.

Et l’elfe disparût, laissant l’adolescent avec un léger sourire sur les lèvres. Acquiesçant de la tête, il quitta la salle de bain, les yeux brillants d’une légère lueur de joie.

Lily avait toujours été matinale, au contraire de James qui adorait faire la grasse matinée. Pourtant, elle avait été réveillée un peu plus tôt que d’habitude ce matin, et ça n’avait pas été de gaieté de cœur. Un cauchemar l’avait réveillé en sursaut, manquant de la faire réveiller son époux.

Le songe avait été un peu étrange, comme tous les rêves mais il avait été aussi un peu trop réaliste et cohérant. Dans son cauchemar, elle avait vu un petit garçon au milieu d’un cercle de lumière, un petit garçon aux cheveux noirs mais qu’elle ne voyait que de dos.

Face à lui se trouvait une femme aux cheveux blonds mais dont elle n’arrivait pas à se rappeler le visage. Le petit garçon avait eu l’air ébranlé par les paroles de la femme, au point d'en trembler, mais Lily avait presque tout oublié. Seule une phrase était restée ancrée dans son esprit : Pendant ces sept années… tu ne représenteras pour eux guère plus qu’une ombre…un habitant sans nom et sans visage…

Un sentiment de peur l’avait instantanément envahie, mêlé à quelque chose ressemblant à de la culpabilité…mais elle ne comprenait pas pourquoi. Pire encore, elle ne se souvenait pas des autres paroles de la femme, qui l’auraient peut-être aidée à comprendre qui était le petit garçon.

Essayant de rationnaliser en se répétant qu’il ne s’agissait que d’un simple rêve, elle prit place à la table des professeurs, où se trouvaient déjà Minerva McGonagall, Filius Flitwick et bien sûr Severus. S’asseyant à côté de lui après avoir salué ses autres collègues, elle commença par déguster une bonne tasse de café.

-Voilà un timing presque parfait, je suis impressionné… Déclara Rogue d’un ton amusé.

-Qu’est-ce que tu veux dire, Severus ?

-Jette un coup d’œil à la table des Serdaigle. Tu y reconnaitras peut-être quelqu’un.

Orientant son regard dans la direction indiquée, la Griffondor constata que parmi les rares élèves déjà présents à la table se trouvait Harry. Le jeune Potter était en train de se beurrer une tartine, le regard fixé sur le livre ouvert devant lui. Lily était trop loin pour en voir la couverture, sinon quoi elle aurait été plus que surprise.

Il s’agissait de l’Encyclopédie des Runes et des Cercles magiques, un manuel qui n’était normalement utilisé que par les élèves de septième année, offert par Remus à son dernier anniversaire. Le jeune Potter n’avait même pas daigné tourner la tête lorsqu’il avait vu sa mère pénétrer dans la Grande Salle.

En revanche, il se leva lorsqu’il vit une chouette faire irruption dans la grande salle. Il était un peu tôt pour le courrier matinal, c’est pourquoi Harry n’hésita pas un seul instant avant de reposer son livre et de tendre son bras à l’oiseau. Hedwige s’y posa gracieusement avant de lui tendre une lettre. Rien qu’en jetant un œil à l’écriture soignée, le jeune Potter sut qu’il s’agissait de Remus.

Esquissant un sourire, il caressa affectueusement la tête de sa chouette blanche avant de lui donner un petit morceau de son toast. Avec le temps, ils s’étaient découvert des goûts communs en matière de nourriture, ou en tout cas lorsqu’il s’agissait de nourriture humaine.

Hedwige repartit ensuite comme elle était venue, laissant le jeune Potter avec sa lettre. Finissant son petit-déjeuner rapidement, il se leva de table et fourra la lettre dans son sac en même temps que son livre. Sa montre affichait déjà 7h15 et il avait l’intention de faire quelques détours avant de se rendre au lieu de rendez-vous.

Quelle ne fut sa surprise d’apercevoir le professeur Rogue venir à sa rencontre. Contrairement à son père et à son frère, Harry n’avait rien contre le maître des potions. D’ailleurs, il avait beaucoup appris à son contact, notamment en termes d’efficacité et de technique, ce qui l’avait amené à respecter le professeur, malgré son caractère quelque peu cinglant.

-Bonjour professeur. Déclara Harry en inclinant légèrement la tête.

-Bonjour Potter. Au vu de vos résultats de l’année précédente, j’ai décidé d’accéder à votre demande. Cette autorisation signée de ma main vous donnera accès aux cachots tous les mercredi soirs, entre 18h et 21h. Vous aurez à votre disposition l’ensemble des ingrédients de ma réserve mais vous devrez impérativement préparer vos potions sous ma surveillance. Ces conditions vous conviennent-il ? Demanda le professeur d’un ton qui ne laissait aucun doute sur la réponse à donner.

-Parfaitement, je vous remercie pour votre générosité, professeur. Suis-je autorisé à emporter avec moi certains des élixirs que j’aurais préparés? L’interrogea-t-il, en parcourant le parchemin des yeux.

-Seulement ceux qui ne présentent aucun danger. En outre, si vos notes se mettaient à baisser dans ma matière, ce privilège vous serait retiré, est-ce clair ?

-Limpide. Je me présenterai à votre bureau à 18h mercredi.

-Oh, et prenez aussi ceci. C’est votre emploi du temps, Filius m’a demandé de vous le transmettre.

-Merci, professeur.

Harry était l’un des seuls élèves qui ne laissait percevoir ni la moindre peur, ni le moindre sarcasme en s’adressant au professeur Rogue. Ayant appris à respecter l’ancien mangemort et à appréhender sa logique, il tâchait de ne pas le décevoir dans sa matière, qui était plus qu’utile.

En ce qui concernait la générosité dont il parlait, elle n’était pas feinte. La réserve de Rogue regorgeait d’ingrédients particulièrement rares et quasiment impossibles à se procurer sur le marché habituel. Trop jeune encore pour arpenter les rues obscures de l’Allée des Embrumes, cette alternative était tout à fait appréciable pour l’adolescent.

D’autant plus qu’il avait plusieurs potions à préparer d’ici les trois prochaines semaines, s’il voulait mener ses plans à bien. La première visite à Pré-au-Lard avait été avancée cette année et il ne pouvait pas laisser passer une si belle occasion…

-Je suis désolée, Harry !

Le jeune Potter se contenta simplement de soupirer. Malgré les efforts de Dobby, Ginny était arrivée avec un quart d’heure de retard. Sachant que ses cours débutaient à 11h, la Griffondor se demandait si elle n’avait pas gâché une partie de leur matinée.

-Ce n’est pas grave, j’avais prévu cette éventualité. Répondit-il d’un ton neutre.

Décidant de ne pas perdre davantage de temps, Harry commença à faire trois allers retours devant la tapisserie, sous le regard perplexe de la jeune rousse. Ses yeux noisette s’illuminèrent lorsqu’elle aperçut une porte se dessiner dans le mur.

Ne témoignant pas le moindre étonnement, le Serdaigle s’avança vers la porte et l’ouvrit, avant de tourner la tête vers la Griffondor.

-Y a-t-il un problème ?

-Non, non ! Pas du tout !

Et elle s’empressa de le suivre à l’intérieur. Lorsque la porte se referma, elle disparût à nouveau du mur, laissant l’apparence d’un mur vierge sous la tapisserie.

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MessageSujet: Re: Frères d'Ombre et de Lumière Tome 1 : L'évasion d'Azkaban   Sam 22 Nov - 20:52

Il était à peu près 8h30 lorsque William Potter et Ronald Weasley s’assirent à la table des Griffondor pour prendre leur petit déjeuner. Ils n’avaient pas cours avant le début d’après-midi et en avaient profité pour dormir un peu. Ils ne furent pas surpris qu’Hermione soit déjà levée, mais ne purent cacher leur étonnement de constater que ce n’était pas le cas de Ginny.

-Où est passée ma sœur ? Demanda Ron, tout en plantant sa fourchette dans son bacon.

-Probablement encore au lit, Ron. Elle ne commence les cours qu’en fin de matinée. Expliqua simplement la jeune Granger.

-Ah, toujours à dormir comme une marmotte ! Au fait, on a Défense contre les Forces du Mal cet après-midi ! Tu penses que ton père va nous apprendre quoi ?! Demanda le rouquin en se tournant vers William, oubliant rapidement sa sœur.

William prit un moment pour peser sa réponse. A vrai dire, il avait lui-même été surpris de la nomination de son père et s’était donc empressé de l’interroger sur ses cours la veille au soir. Malheureusement, il n’avait pu obtenir de lui qu’un clin d’œil et un sourire malicieux, ce qui laissait prévoir quelque chose de très intéressant pour leur première leçon. C’est pourquoi il finit par simplement hausser les épaules.

-Il m’a dit que ce serait une surprise. Connaissant mon père et son passé de Maraudeur, ça sera toujours plus amusant que les éternels bavardages de Lockart. En parlant de nouveaux profs, tu n’avais pas choisi l’Etude des runes en option, Hermione ? L’interrogea William, sincèrement heureux de ne pas avoir à endurer sa mère comme professeur.

-Si, j’ai mon premier cours ce soir après la DCFM. J’ai entendu dire que c’était une élève très douée en son temps, la meilleure de sa promotion. Elle a probablement beaucoup de choses à m’apprendre.

-Ah ça…ma mère était un vrai rat de bibliothèque d’après mon père ! C’est pour ça qu’il n’a pu sortir avec elle qu’en septième année, quand ils étaient tous les deux préfets en chef…

-D’ailleurs, je crois que ton frère a aussi choisi l’Etude des runes, non ?

-Aucune idée, Hermione. Ça fait longtemps qu’on ne se parle plus. Tu sais comment il est…toujours très studieux et jaloux de ma célébrité. Il espère peut-être qu’avec ses livres, il trouvera un moyen d’acquérir plus de gloire que moi !

Et il partit dans un fou rire, bientôt suivi par Ron. Ce dernier manqua de s’étrangler au passage, à cause d’un morceau de toast avalé trop vite.

Assise en face d’eux, Hermione ne semblait pas partager leur euphorie. Bien qu’elle ne connaisse pas personnellement Harry, elle doutait que ce dernier s’investisse à ce point dans ses études juste pour concurrencer son frère. Peut-être pourrait-elle mettre à profit leurs cours en commun pour en apprendre plus sur lui ?

-Que…qu’est-ce que c’est que cette salle ? Demanda Ginny d’une voix pleine d’émerveillement.

-On l’appelle la Salle sur Demande, ou la Pièce Va-et-vient. Comme tu as pu le voir, cette pièce n’apparaît que sous certaines conditions. En l’occurrence, quand on a vraiment besoin de quelque chose, on le trouve dans cette salle.

-Oh…et tu y viens souvent ?

-De temps en temps…

Ce n’était pas tout à fait un mensonge mais pas vraiment la vérité non plus. Harry passait au moins une fois par jour dans cette salle, pour un petit entraînement personnel. Généralement, il ne s’agissait que de sortilèges de défense ou de métamorphose mais il lui arrivait aussi de simplement venir y lire, préférant le confort de cette pièce à la froideur de la bibliothèque.

-Weasley…

-Ginny. Puisque je t’appelle Harry et qu’on va se côtoyer un moment, autant au moins s’appeler par nos prénoms.

-Comme tu voudras… Ginny, avant que je ne t’explique en détails ce qui s’est passé dans la Chambre, il faudra que tu sois en mesure de protéger ton esprit de toute intrusion extérieure.

-Tu veux dire comme ce que tu as fait hier soir ?

-Exactement. Hier soir, j’ai utilisé sur toi une branche de la magie assez méconnue qu’on appelle la légilimencie. C’est une discipline qui permet d’accéder à l’esprit d’une personne. Un légilimens peut voir ses souvenirs mais dans les cas les plus extrêmes, il est capable de lui envoyer d’effroyables illusions.

-Et…il y a beaucoup de sorciers qui savent faire ça ?

-Hormis moi-même, je n’en connais que trois. Le professeur Dumbledore, le professeur Rogue et Voldemort. Il est possible que ma mère possède également des notions dans ce domaine mais elle a trop de scrupules pour l’utiliser sur des élèves.

Ginny tressaillit lorsqu’elle entendit le nom du mage noir mais Harry ne lui en tint pas rigueur. Se dirigeant vers une rangée de livres soigneusement ordonnés, il en replaça deux avant de se retourner vers elle. L'adolescente n'avait pas l'air très à l'aise mais il devait absolument mener son explication jusqu'au bout.

-Il n’existe qu’un moyen de se protéger d’un légilimens, c’est de maîtriser l’occlumencie. Dans sa forme basique, cette discipline permet à son utilisateur de fermer son esprit à tout intrus en formant une barrière mentale. Toutefois, un occlumens accompli est capable de créer de faux souvenirs à l’intention d’un éventuel intrus.

-Et donc…tu veux que j’apprenne l’occlumencie, c’est ça ? Comment fait-on ?

-C’est assez difficile…et surtout ça va prendre du temps. Mais puisque je suis là pour t’entraîner, ça devrait aller. Par contre, deux heures ne seront pas suffisantes pour que je t’apprenne les bases.

-Mais je ne peux pas sécher les cours !

-Qui a parlé de sécher les cours ?

Esquissant un sourire malicieux, le jeune Potter se rapprocha de l’adolescente, jusqu’à n’être plus distant d'elle que d’une dizaine de centimètres. Sentant son cœur battre à tout rompre, Ginny était sur le point de prendre la parole lorsqu’elle vit Harry sortir un petit objet de sa poche. Il s’agissait d’une fine chaîne d’or au bout de laquelle se trouvait un minuscule sablier en argent.

Le jeune Potter passa la chaîne autour de leurs cous puis reprit la parole.

-Ceci est un Retourneur de Temps. Comme son nom l'indique, il permet de remonter le cours du temps. Hmm…je pense que trois heures devraient suffire. Déclara-t-il tout en tournant trois fois le petit sablier.

Le temps commença à défiler autour d’eux à une vitesse phénoménale, laissant brièvement apercevoir leur arrivée dans la pièce. Lorsque le phénomène s’arrêta, la pièce était de nouveau vide. Inutile de dire que les yeux de la jeune Weasley étaient grands ouverts.

-Co…comment as-tu fait ? On est revenus dans le temps mais…je croyais que c’était impossible…

-« Impossible n’est pas Français ». Et pour preuve, c’est un alchimiste français du dix-neuvième siècle qui a inventé les Retourneurs de Temps. Lui et son apprenti étaient d’ailleurs les seuls à en connaître les secrets, c’est pourquoi il en reste si peu à l'heure actuelle…

-Mais…comment t’en es-tu procuré un ? Si c’est si rare, ça doit être affreusement cher et difficile à trouver !

-Et bien…disons simplement que tu n’as pas besoin de le savoir pour le moment. Lorsque ton esprit sera suffisamment protégé, je reconsidérerai ta question. A présent, commençons par le plus simple en testant tes barrières. Je ne te demanderai donc de résister au maximum…LEGILIMENS !

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MessageSujet: Re: Frères d'Ombre et de Lumière Tome 1 : L'évasion d'Azkaban   Sam 22 Nov - 22:34

Chapitre 3 : L’épouvantard

La peur d’un nom ne fait que renforcer la peur de la chose elle-même

Albus Dumbledore




-S…stop ! S’il te plaît…Harry... je suis épuisée!

Distante du Serdaigle d’environ une dizaine de mètres, la jeune Weasley était tombée à genoux, essayant de reprendre sa respiration. Son front était trempé de sueur et elle se sentait prise d’une fatigue épouvantable alors qu’elle était en grande forme une heure plus tôt.

En face d’elle, Harry gardait un visage imperturbable, les bras croisés. Il n’avait même pas fait usage de sa baguette, se contentant d’utiliser la légilimencie à un faible niveau. Malheureusement, il ne pensait pas que les pratiques de base de l’occlumencie seraient si difficiles à appréhender pour l’adolescente. Poussant un soupir, il conjura un fauteuil et s’y laissa tomber, jetant à la jeune Weasley un regard exaspéré.

-C’est d’accord. Mais pendant cette pause, nous allons déterminer ce qui te fait défaut.

-Co…comment ça ?

-Tu as des difficultés au niveau même des bases. Tu es incapable de faire le vide dans ton esprit, de même que tu laisses tes émotions te contrôler. Je ne devrais pas être étonné, tu es une Griffondor après tout mais ton esprit est si…perméable que c’en est risible.

Sa voix avait gardé un ton mesuré mais la pointe de mépris qui y était distillée n’échappa pas à Ginny. Quelque chose dans la physionomie du Serdaigle avait changé depuis qu’il avait commencé à l’entraîner. Etait-il possible que quelque chose dans ses souvenirs l’ait affecté ? Pourtant seule une certaine nonchalance transparaissait de son attitude, peut-être de la lassitude aussi. Soit il n’avait rien ressenti de particulier, soit il était diablement doué pour dissimuler ses émotions. Dans les deux cas, la jeune Weasley était décidée à ne pas se laisser faire sans réagir.

-Je suis peut-être une Griffondor…mais je ne suis pas faible…Je perçois mes sentiments comme une force, pas comme une faiblesse !

Contrairement à ses attentes, Harry ne s’énerva pas suite à cette réplique. Son visage resta aussi impassible que d’ordinaire et ses orbes émeraude ne laissaient entrevoir que de la fatigue…et peut-être du dégoût.

C’était peut-être ça qui surprenait le plus Ginny. Elle ne se serait jamais attendue à le voir contester son état d’esprit, et encore moins à la juger d’un simple regard. Même si elle ne l’avait jamais approché avant la veille au soir, la Griffondor espérait trouver un garçon timide et sympathique, pas un être froid et désabusé.

-Les émotions peuvent en effet constituer une force, mais seulement à condition d’être maîtrisées. Tu n’as aucun contrôle sur elles, à tel point que tu es facilement manipulable… C’est tout à fait le genre d’esprit dont Jedusor savourerait la destruction. Répondit Harry avec une lenteur calculée.

Le sang de la Griffondor se glaça dans ses veines à la simple évocation du nom du mage noir. Elle revoyait défiler dans son esprit les événements de la Chambre, le rire cruel et sibyllin de Tom alors qu’il se penchait sur elle, lui murmurant à l’oreille qu’elle allait mourir…qu’elle devrait être honorée de servir de sacrifice pour permettre sa renaissance…

-J’ai détruit le journal. Ce Jedusor là ne reviendra plus jamais. Lâcha le jeune Potter à voix basse.

-Quoi ? Qu’entends-tu par « ce Jedusor là » ?

Harry ne daigna même pas répondre. Tout en se relevant, il fit disparaître le siège qu’il avait invoqué quelques instants auparavant. Pointant sa baguette sur Ginny, il laissa ses lèvres se plisser en un sourire cynique avant de reprendre la parole.

-Si tu es si sûre de la force de tes sentiments, tu ne devrais avoir aucune difficulté à me repousser de ton esprit, n’est-ce pas ? S’exclama-t-il d’un ton moqueur.

-Bien sûr que non ! Je t’attends de pied ferme ! Répondit-elle avec un air de défi.

-Je n’en attendais pas moins de la sœur de Weasley…LEGILIMENS !!

La puissance déployée par Harry n’avait plus rien à voir avec ses précédents assauts. Ginny avait l’impression d’être écrasée par une pression insupportable, à tel point qu’elle en retomba à genoux, pressant ses deux mains sur sa tête. Elle le sentit pénétrer dans son esprit et s’attarder sur un de ses souvenirs.

Il s’agissait du terrier, il y a peut-être trois ou quatre ans. Ginny était assise à la table de la cuisine, un gâteau au chocolat présent devant elle, avec huit bougies qui scintillaient tout en écrivant son prénom avec des étincelles. Deux adultes qui devaient être ses parents étaient présents à côté d’elle, de même qu’une ribambelle de garçons aux cheveux roux.

-Joyeux anniversaire Ginny ! Tu as huit ans aujourd’hui, tu es une grande fille !

-C’est vrai, maman ? Est-ce que ça veut dire que je peux monter sur un balai pour jouer au Quiddich ?!

-Oh, je ne sais pas…

-Allons Molly ! On peut bien la laisser essayer, si elle promet de faire attention ! Et je suis sûr que Fred et George seront ravis de la superviser !

Les jumeaux voulurent répondre mais un regard appuyé de leur mère les en dissuada. C’est pourquoi ils se contentèrent de répondre par de grands hochements affirmatifs. Le petit sourire de Ginny s’élargit, avant qu’elle ne se précipite dans les bras de ses frères, en riant.

-Merci ! Merci beaucoup ! Je suis si contente…

Ginny sentit alors la pression diminuer puis disparaître, de même que la douleur s’évanouit elle aussi. Rouvrant les yeux, elle s’aperçut qu’Harry avait le teint livide et qu’il tremblait. Portant une main à son front fiévreux, il sentit la sueur coller à ses doigts. Tournant le dos à la rouquine, il eut à peine le temps de conjurer un seau que le contenu de son estomac se répandait devant lui.

Tombant à genoux, il se mit à tousser et à marmonner. Dobby apparût dans un « pop » sonore et se précipita auprès du sorcier, le visage visiblement inquiet.

-Harry Potter ! Vous ne vous sentez pas bien ! Qu’est-ce que Dobby peut faire pour vous, monsieur ? L’interrogea l’elfe d’un ton suppliant.

-Non, ça va, Dobby…ne t’inquiète pas…j’ai juste eu…la nausée…

Et plongeant une main dans sa poche, il en ressortit une fiole au liquide ambré. La contemplant un court instant, il n’hésita pas avant d’en ôter le bouchon et de la porter à ses lèvres. Se contentant d’une ou deux gorgées, il se hâta de replacer le flacon dans sa robe, le souffle court.

-Qu’est-ce qui s’est passé, Harry ? Demanda Ginny en se rapprochant.

-Rien de grave…j’ai juste été trop loin…désolé pour l’intrusion…

Ginny savait qu’il était vraiment désolé mais l’excuse sonnait faux. S’il s’était senti mal, ce n’était certainement pas parce qu’il était fatigué. Sa grande tante Muriel avait passé trente ans à Ste-Mangouste comme Guérisseuse. Ayant été affectée aussi bien au service des empoisonnements qu’à celui des pathologies des sortilèges, elle avait veillé à enseigner à ses petits neveux quelques connaissances rudimentaires.

Or, la fièvre ajoutée à la nausée dans un cas d’épuisement magique était tout sauf banal. Bien que Ginny en sache peu, elle savait que les symptômes étaient principalement d’ordre psychologique…

-Harry, qu’est-ce qui t’a rendu malade ?

-ça n’a aucune importance ! La leçon est terminée pour aujourd’hui ! Répondit-il d’un ton tranchant.

Se relevant rapidement, il sortit de la pièce en claquant la porte, sans même jeter un regard aux deux autres occupants. Ginny se renfrogna avant de récupérer ses affaires de classe posées sur le côté.

-Mais qu’est-ce qu’il a ?! J’essayais juste d’être gentille !

-Ce n’est pas contre vous, mlle Weasley. Harry Potter ne pouvait simplement pas supporter des souvenirs aussi heureux.

Le regard de l’adolescente se baissa pour rencontrer les deux grands yeux verts de l’elfe de maison. Comme la plupart des sorciers, elle avait eu tendance à oublier le travail des petits êtres et à considérer leur présence comme normale.

-Je ne comprends pas, Dobby.

-Harry Potter n’a jamais eu d’anniversaire aussi heureux, mlle. Harry Potter a fait beaucoup de sacrifices pour…

Mais l’elfe se tut soudainement, son visage dépeignant une expression horrifiée avant de mettre ses mains sur sa bouche. Puis il commença à se donner des coups sur la tête, les yeux remplis de larmes.

-Méchant Dobby ! Méchant Dobby a failli révéler les secrets de maître Harry ! Méchant Dobby !

-Arrête Dobby ! Ce n’est pas grave, tu ne m’as rien dit ! S’il te plaît, arrête de te frapper !

L’elfe de maison s’arrêta mais ses longues oreilles étaient toujours affaissées, signe de sa tristesse. Toutefois, c’est avec une petite lueur de détermination qu’il prit une dernière fois la parole envers l’adolescente.

-Prenez bien soin d’Harry Potter, mlle Weasley. Si vous faites du mal à Harry Potter ou que vous aidez ceux qui font du mal à Harry Potter, Dobby ne vous laissera pas faire !

Et sur ces paroles, l’elfe disparût comme il était venu. Poussant un léger soupir, Ginny quitta la Salle sur Demande. Etant revenus à l’heure normale il y a près d’une heure, il ne lui restait plus beaucoup de temps avant le début des cours.

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MessageSujet: Re: Frères d'Ombre et de Lumière Tome 1 : L'évasion d'Azkaban   Sam 22 Nov - 22:38

C’est avec une copie de la Carte du Maraudeur à la main que le jeune Potter se rapprocha de la salle de cours. Harry savait que Ginny avait tenté de le retrouver, ayant lui-même observé ses déplacements sur le plan. Il l’avait ainsi vu passer à la Tour des Serdaigle mais aussi adresser la parole à plusieurs de ses condisciples.

Fort heureusement, il disposait d’un atout qu’elle n’avait pas. Le Serdaigle possédait un exemplaire de la Carte alors que le seul autre auquel avait accès la jeune Weasley était aux mains de Will. Or, même Ginny n’aurait jamais été assez stupide pour demander à « l’Elu » d’utiliser sa précieuse Carte pour trouver l’endroit où se trouvait son insignifiant jumeau. Et même si elle avait osé, Harry avait déjà la parade pour lui échapper…

S’adossant à l’un des murs du couloir, l’adolescent prit quelques instants pour réfléchir. En moins de vingt-quatre heures, il avait peut-être pris les pires décisions de toute sa vie. Accepter de révéler la vérité à Ginny au lieu de lui effacer la mémoire avait été sa première erreur. Lui avoir montré l’emplacement de la Salle sur Demande avait été la seconde. Mais pire que tout, il lui avait laissé voir beaucoup trop de choses à son sujet, que ce soit son Retourneur de Temps, sa maîtrise de la légilimencie…

-Eh, tu savais qu’on allait avoir cours avec les élèves de seconde année pour la leçon de Défense Contre les Forces du Mal ? Demanda un garçon noir portant les armoiries de Griffondor.

-Bien sûr ! Si t’avais écouté l’annonce de Dumbledore ce midi, tu l’aurais su aussi, Dean ! Il a même dit que c’était pour compenser « les lacunes » de Lockart. Tu parles de lacunes, on a surtout rien appris du tout avec cet imbécile…

-C’est pas ma faute, Seamus ! Fred et George étaient en train de nous montrer leur nouvelle invention…

Harry se figea en entendant l’échange entre les deux Griffondor. Dans sa précipitation à éviter Ginny, le jeune Potter avait été prendre son déjeuner aux cuisines et n’avait donc pas mis les pieds dans la Grande Salle. Si les élèves de deuxième année assistaient au cours, cela signifiait obligatoirement la présence d’une certaine rouquine qu’il se serait bien passé de revoir avant un jour ou deux…

-Entrez jeunes gens ! Le cours va commencer ! S’exclama une voix joviale qu’Harry connaissait mieux que personne.

Et bien sûr, le fait que le professeur de DCFM soit son père n’était pas un signe d’amélioration. Quoi qu’il se passe, les deux prochaines heures allaient être un véritable supplice…

-Bonjour à tous ! Je suis le professeur James Potter et je vais vous enseigner la Défense contre les forces du Mal. Alors, dites-moi un peu ce que vous savez des Epouvantards ? Les interrogea James Potter d’un air joyeux.

Ce fut sans la moindre surprise qu’Hermione Granger leva la main dans la seconde, ses lèvres scellées tremblantes de ne pas pouvoir hurler la réponse. Heureusement pour elle, le professeur l’interrogea presque immédiatement.

-L’épouvantard est une créature pouvant changer d’apparence de sorte à pouvoir prendre la forme la plus terrifiante possible lorsqu’elle rencontre une personne. Il préfère vivre dans des endroits sombres et confinés mais personne ne sait à quoi il ressemble quand il est seul. Il se nourrit de la peur des gens et est désigné comme étant une créature maléfique. S’exclama-t-elle en une seule fois, le visage empourpré par le manque d’oxygène.

-Tout à fait exact, miss Granger ! Cinq points pour Griffondor !

Assis au deuxième rang mais collé au mur de droite pour échapper à la vue du professeur, Harry ne sentit même pas sa main se crisper lorsqu’il brisa son crayon en deux. De toutes les créatures maléfiques qui existaient, les épouvantards étaient l’une des seules que le jeune Potter n’avait aucune envie d’affronter.

D’autant plus qu’il sentait le regard brûlant de la jeune Weasley sur sa nuque. L’adolescente se trouvait deux rangs derrière lui mais il n’avait pas besoin de se retourner pour savoir qu’elle le fixait depuis leur entrée en classe.

Malheureusement, les explications devraient attendre. Si le raisonnement d’Harry était correct, son père n’allait pas se contenter de leur parler des épouvantards. Non, James Potter était un homme d’action, un Auror émérite mais surtout un éternel frimeur. C’est pourquoi le Serdaigle était quasiment sûr que le professeur avait amené un véritable épouvantard dans la classe, et ce dernier se trouvait probablement enfermé dans l’armoire située au fond de la pièce.

-Oh ! Pour ce premier cours, vous n’aurez pas besoin de vos livres, sortez plutôt vos baguettes !

Harry aurait esquissé un sourire ironique s’il n’avait pas été à ce point stressé. Bien qu’il ait un peu récupéré par rapport aux événements de la matinée, il ne se sentait pas tout à fait d’attaque pour une entrevue avec ses plus grandes peurs.

-Levez-vous s’il vous plaît. Vous allez passer chacun votre tour devant l’épouvantard. La formule pour les repousser est très simple : « Riddikulus ». En revanche, vous devez vraiment imaginer quelque chose de drôle pour que la formule fasse effet.

Le Serdaigle connaissait déjà tout ça, malheureusement, la théorie n’était pas du tout semblable à la pratique lorsqu’il s’agissait d’être confronté à des créatures maléfiques. Il fut néanmoins sorti de ses pensées en apercevant la silhouette de William qui s’avançait en direction de la créature d’un pas ferme.

L’épouvantard commença à changer de forme pour prendre celle d’un serpent géant. Toutefois, si ce serpent était relativement effrayant, il paraissait presque banal en comparaison du Basilic qui habitait autrefois dans la Chambre des Secrets. Harry eut une pensée pour Dame Brunehilde, se demandant comment elle avait pu lui implanter de tels souvenirs sans le traumatiser ni lui laisser la moindre séquelle…

-Allez Will ! Pense à quelque chose d’amusant, tu peux le faire !

-Riddikulus !!

Et le serpent se gonfla comme un ballon de baudruche, s’envolant en zigzag dans les airs. La classe se mit à rire et les Griffondor félicitèrent le Survivant. D’autres élèves passèrent, se retrouvant le plus souvent face à des animaux anodins comme des araignées (particulièrement grosses dans le cas de Ron Weasley, peut-être une acromentula, pensa Harry) ou bien des sortes de loups-garous aux formes aussi grotesques qu'irréelles.

Irrité par les peurs plutôt ordinaires et injustifiées de ses condisciples, Harry ferma les yeux un court instant et essaya de faire le vide dans son esprit. Avec un peu de chance, ça serait vite terminé…

Ginny s’avança d’un pas incertain devant l’épouvantard. Elle était à peu près certaine que sa plus grande peur avait un rapport avec son enlèvement dans la Chambre l’année précédente. Tout ce qu’elle espérait, c’était que la créature allait prendre la forme du Basilic plutôt que celle de…

-Bonjour Ginny, est-ce que je t’ai manqué ?

Le sang de la jeune Weasley se glaça dans ses veines lorsqu’elle aperçut la personne debout devant elle. En apparence il ne s’agissait que d’un jeune homme de grande taille aux cheveux noirs, portant l’uniforme des Serpentard. Agé d’environ seize ans, il était plutôt séduisant même si les traits de son visage laissaient transparaître une expression malsaine…

-Ri…Riddikulus… Balbutia-t-elle d'une voix faible.

-Qu’est-ce qu’il y a Ginny ? Tu crois qu’un petit sortilège pourra me faire disparaître ? Tu sais pourtant que tu n’as jamais pu me résister …et aujourd’hui, je vais finir ce que j’ai commencé… Répondit Jedusor d'un ton doucereux.

-Non, pitié…je ne veux pas…je ne veux pas revivre ça… Murmura-t-elle d’un ton suppliant.

Les larmes coulaient librement sur les joues de l’adolescente. Elle sentait ses genoux trembler alors que ses jambes n’allaient probablement pas tarder à cesser de la soutenir. Son corps tout entier était parcouru de frissons et elle était à deux doigts de perdre conscience, sous le regard étincelant du mage noir.

-Laisse-toi faire, Ginny…si tu résistes, ça n’en sera que plus long et douloureux…

Ce fut la phrase de trop. Perdant l’équilibre, la Griffondor se sentit partir en avant, ses paupières se fermant d’elles-mêmes. Quelle ne fut sa surprise lorsqu’elle ne rencontra pas le froid sol de marbre…mais les bras d’une personne qui l’avait rattrapée dans sa chute.

Rouvrant timidement les yeux, Ginny retint une exclamation de surprise lorsqu’elle aperçut le visage de son sauveur. L’espace d’un instant, elle crut qu’il s’agissait de William mais les yeux émeraude, qui se posèrent sur elle avec une lueur d’inquiétude, la détrompèrent.

-Ha…Harry…

-Idiote, je t’ai pourtant dit qu’il ne reviendrait pas…

-Je suis désolée, j’étais pas…pas assez forte…

Mais à l’approche d’Harry, l’épouvantard se mit à changer de forme très vite pendant près d’une minute, cherchant la peur la plus profonde du garçon. Harry avait en effet un bon niveau en occlumencie, ce qui ne facilitait pas la tâche de la créature, même s’il était conscient que cela ne suffirait pas.

Finalement, l’épouvantard sembla trouver ce qu’il cherchait et prit l’apparence d’une adolescente de onze ans, aux longs cheveux roux et au visage pâle comme la mort. Ginny ne put retenir un petit cri de surprise lorsqu’elle se reconnût. Etait-ce ça la plus grande peur d’Harry ? Lorsqu’il l’avait vu sur le point de mourir ? Tournant son visage vers le Serdaigle, elle remarqua à quel point il avait pâli en contemplant l’épouvantard.

Ce dernier changea encore de forme, prenant cette fois-ci l’apparence d’un cadavre. Il s’agissait d’un homme aux cheveux châtain parsemés de mèches blanches, dont le visage était marqué de vieilles cicatrices. Ses yeux bleus étaient grands ouverts, vides de la moindre expression.

Harry tremblait, tout comme sa main libre avec laquelle il brandissait sa baguette. Il était littéralement paralysé par la peur, la peur que ce qu’il voyait ne soit vrai, ou bien ne devienne réalité. C’est à peine si Ginny l’entendit murmurer :

-Non, pas toi…pas toi, Remus…

Et puis la créature commença à prendre une nouvelle forme, celle d’une adolescente aux cheveux blonds, baignant dans une mare de sang…

-NON ! RIDDIKULUS !!

L’épouvantard ne se transforma pas en une forme amusante comme il l’avait fait précédemment mais en une petite sphère noire. Elle cherchait désespérément à changer de forme mais Harry maintenait la force du sortilège sur la créature et allait en l’augmentant.

Son visage était toujours aussi pâle mais il était à présent dépeint par une rage à peine contenue. Ses yeux émeraude brillaient d’une colère froide alors qu’il s’exprimait d’une voix haineuse.

-Tu prends du plaisir à distiller la peur chez les autres, hein ? On va voir si tu vas autant savourer le goût de tes propres méthodes…LUMOS MAXIMA !!

Au lieu d’un éblouissement, ce fut un véritable rayon de lumière blanche qui fut lancé en direction de la sphère. L’épouvantard voulait s’échapper mais il était incapable du moindre mouvement. La lumière l’engloba complètement, lui arrachant ce qui ressemblait à un gémissement de douleur…avant qu’il n’en reste plus que des cendres fumantes.

Se trouvant toujours aux côtés du Serdaigle, la jeune Weasley avait la bouche grande ouverte, ébahie devant ce qu’elle venait de voir. Mais avant qu’elle n’ait pu prononcer la moindre parole, elle s’aperçut que quelque chose clochait chez Harry.

En effet, il n’avait pas dit un mot et sa baguette était toujours levée. Elle ne comprit ce qu’il se passait que l’instant suivant, lorsque le corps du jeune Potter fut pris de convulsions avant de s’effondrer sur le sol, sans connaissance. Elle se précipita vers lui et essaya de le réveiller, en vain.

-Harry ! HARRY !!

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MessageSujet: Re: Frères d'Ombre et de Lumière Tome 1 : L'évasion d'Azkaban   Dim 23 Nov - 16:50

Chapitre 4 : L’escalier et la princesse

L'existence du soldat est, après la peine de mort, la trace la plus douloureuse de barbarie qui subsiste parmi les hommes.

Alfred de Vigny



-James ! Mais que s’est-il passé ?!

James Potter ne put s’empêcher d’esquisser une grimace lorsqu’il vit sa tendre épouse se précipiter vers lui telle une furie. L’Auror savait qu’il avait fait une erreur, regrettable certes mais qu’il n’aurait jamais jugé préjudiciable. Il leva une main en signe d’apaisement, essayant vainement de prendre un ton qui se voulait rassurant.

-Tout va bien, Lily. Mme Pomfresh dit qu’il est seulement inconscient.

-Seulement inconscient ?! Par Merlin, James, il s’est évanoui dans ta propre classe et tu n’as rien vu !!

-Et bien, c’est que…

Flash Back

Le maraudeur observa Will s’avancer face au détraqueur, d’un pas ferme et le visage déterminé. La créature prit alors la forme d’un serpent géant, peut-être le monstre qu’il avait affronté dans la Chambre des Secrets, pensa le professeur.

Le garçon avait l’air un peu en difficulté, c’est pourquoi il esquissa un sourire confiant et décida de l’encourager.

-Allez Will ! Pense à quelque chose d’amusant, tu peux le faire !

L’adolescent resserra sa prise sur sa baguette et la pointa sur la créature, le visage concentré. James s’émerveilla une nouvelle fois de la ressemblance entre lui et son fils. Tout, depuis la posture jusqu’à l’expression de son visage lui rappelait sa propre jeunesse. Pas étonnant après ça que Sirius l’ait baptisé « Petit Cornedrue ».

-Riddikulus !!

Et le serpent se gonfla comme un ballon de baudruche, s’envolant en zigzag dans les airs. La classe se mit à rire et James le félicita d’une tape dans le dos. Sachant qu’une bonne partie des Griffondor était passée et que les Serdaigle étaient réputés pour leurs connaissances, le professeur s’écarta un peu de la créature pour rejoindre son fils et les autres Griffondor au fond de la salle.

-C’était génial, Will ! Tu l’as réussi du premier coup ! S’exclama Ron d’un ton enjoué.

-Ton ami a raison, fiston. Rares sont ceux qui arrivent à surmonter leur plus grande peur avec autant de facilité, tu as fait preuve d’un grand courage. Déclara James d’un ton empreint de fierté.

-Merci, papa. En tout cas, ce cours était génial ! J’aurais jamais pensé que tu amènerais un véritable épouvantard en cours ! Répondit Will, un grand sourire aux lèvres.

-Ah, ben tu sais, c’était surtout une idée de Lunard au départ…

James tourna la tête vers l’autre côté de la classe, pour vérifier que tout se passait bien. Il aperçut la jeune Weasley qui faisait face à ce qui ressemblait à un élève de sixième année. Probablement une petite brute qui avait dû l’effrayer, songea-t-il. Après tout, l’épouvantard avait bien pris l’apparence de Servilus lorsqu’il s’était trouvé face à Neville…

Ce n’est que lorsqu’il entendit un cri perçant que le professeur se précipita vers la place qu’il avait quitté quelques minutes plus tôt. La sœur cadette de Ron était agenouillée sur le sol, auprès d’un garçon allongé sur le ventre.

-Harry ! HARRY !!

Il y eut un déclic dans l’esprit de James, qui se précipita vers lui à son tour. Retournant le garçon aux cheveux noirs sur le dos, il fut presque surpris que le visage d’Harry soit si semblable à celui de William. Hormis sa pâleur inquiétante et les cernes sous ses yeux, on aurait pu les prendre pour de vrais jumeaux.

-Que…que s’est-il passé ? Demanda le professeur d’une voix étranglée.

-Je…je n’arrivais pas à affronter l’épouvantard alors Harry…il m’a secouru mais…la créature a changé de forme et Harry a…il a…

Sa voix se brisa alors qu’elle éclatait en sanglots. James prit le corps inconscient de son fils dans ses bras et se releva. C’est alors qu’une évidence le frappa.

-Mais, et l’épouvantard, où est-il passé ?

-Il…il a été détruit…Réussit à expliquer Ginny entre deux sanglots.

-Oh, d’accord…Attends, tu viens de me dire qu’il a annihilé un épouvantard ?!

-Professeur, il faut l’emmener à l’infirmerie ! S’exclama Hermione, qui venait de se rapprocher de la scène.

-Oui, oui, j’y vais tout de suite ! Le cours est terminé !

Et il se précipita vers la porte, l’esprit toujours troublé. Comment diable un adolescent de treize ans s’y était-il pris pour réduire un épouvantard en poussière ?


Fin du flash back

-Mais enfin, James, comment as-tu pu être si négligeant ?!

-C’était pas intentionnel, Lily ! Je voulais juste féliciter Will et…

-Et résultat, c’est Harry qui a dû se porter au secours de Ginny Weasley et voilà dans quel état il se trouve !

Alors que le couple continuait sa dispute, les deux époux sursautèrent lorsqu’ils entendirent un « pop » sonore juste à côté d’eux.

Un elfe de maison aux grands yeux verts venait d’apparaître en compagnie d’un homme aux cheveux châtains, parsemés de mèches blanches. Son visage orné par d’anciennes cicatrices semblables à des griffures était figé dans une expression dure.

Le pire était peut-être la lueur meurtrière qui brillait dans ses yeux bleus. Voyant ce regard dirigé vers lui, James sentit sa gorge nouée en reconnaissant son vieil ami.

-Remus…

-James, espèce d’imbécile de cerf écervelé…

-Remus, que se passe-t-il ? Demanda Lily d’un ton curieux.

-Ce qu’il se passe, Lily ? Ce qu’il se passe, c’est que j’ai accepté de rédiger tout le programme scolaire de ton mari à une seule condition ! Une condition simple et nécessitant peu de sacrifices qu’il a été incapable de remplir !

-Calme-toi, Lunard, il va bien… Tenta vainement James, pour apaiser sa colère.

-ça, c’est à moi d’en juger, James ! Je veux voir Harry, immédiatement ! S’exclama le loup-garou, bouillant de colère.

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MessageSujet: Re: Frères d'Ombre et de Lumière Tome 1 : L'évasion d'Azkaban   Dim 23 Nov - 16:52

Lorsqu’il rouvrit les yeux, Harry constata que son environnement avait sensiblement changé. Au lieu d’une salle de classe ou même de son dortoir, il se trouvait au milieu de ce qui ressemblait à un gigantesque escalier de pierre. Mais la pierre n’était pas ordinaire, puisqu’elle brillait d’un éclat rouge vif, comme si elle était incandescente.

Regardant en amont et en aval de l’endroit où il se trouvait, il ne voyait que de la brume. Ce même brouillard qui rendait invisible aussi bien le haut que le bas de l’escalier. Le jeune Potter passa une main distraite dans ses cheveux et était sur le point de descendre une marche lorsqu’une voix douce retentit derrière lui, dans un souffle.

-Bonjour, Harry.

Harry fit volte-face, pour se retrouver nez à nez avec une adolescente aux longs cheveux blonds, attachés dans son dos par un simple ruban écarlate. Du même âge que le Serdaigle, elle était vêtue d’une longue tunique d’une blancheur immaculée, semblable à celle des statues grecques que le jeune Potter avait pu apercevoir au musée dans son enfance.

Elle portait également une cape bleue nuit, attachée au niveau de son cou par une épingle d’or dont la forme était celle d’un oiseau, peut-être un faucon. Le jeune Potter fut parcouru d’un frisson en l’apercevant et mit immédiatement un genou à terre, tête baissée.

-Bonjour, princesse Kathelyn. Déclara-t-il d’un ton respectueux.

Mais avant qu’il n’ait pu ajouter la moindre parole, il sentit une main se poser sur son épaule. Relevant la tête, il rencontra le visage de l’adolescente, qui lui adressait un sourire triste et mélancolique. La simple vue de ses yeux d’un bleu aussi pur que celui du ciel suffisait à vider son cœur de toute tristesse.

-Relève-toi, enfant béni d’Örlog. S’il y a bien un humain qui n’a aucune raison de se prosterner devant moi, c’est bien toi. Et puis…nous nous connaissons depuis suffisamment longtemps pour nous passer du protocole, tu ne crois pas ?

L’adolescent acquiesça lentement de la tête, avant d’esquisser un léger sourire. Puis il se releva, restant toutefois deux marches en dessous d’elle.

-Tu as raison. Princesse…où nous trouvons-nous ? Ceci n’est pas l’Alfheim, n’est-ce pas ? Demanda l’adolescent en lançant un regard circulaire autour de lui.

En effet, hormis l’escalier sur lesquels ils se trouvaient, la brume recouvrait tout. Non seulement les deux extrémités de l’escalier mais aussi ses côtés. D’ailleurs, Harry sentait une sensation étrange lui nouer l’estomac. Il ne ressentait aucune présence autour d’eux, seulement…du vide.

-C’est exact. Lorsque j’ai senti que tu avais déployé trop d’énergie magique pour détruire cette créature, j’ai préféré dissocier ton corps et ton esprit, pour que la réaction de ton enveloppe corporelle soit moins violente que d’ordinaire. Néanmoins, ton esprit était trop faible pour rejoindre l’Alfheim, c’est pourquoi nous nous trouvons ici.

-Et…quel est cet endroit exactement ?

-Ceci est le pont qui relie Midgard à la Cité forteresse. Il n’est plus que très rarement emprunté de nos jours, en raison des nouveaux modes de transport que nous avons élaboré. Malheureusement, comme tu es toujours en vie, tu ne vas pas tarder à en être expulsé pour que ton esprit regagne ton enveloppe charnelle…

Les derniers mots avaient été prononcés avec une pointe de tristesse qui n’était pas passée inaperçue aux yeux de l’adolescent. Ce dernier monta une marche et tendit une main hésitante vers sa joue. Il aurait voulu dire quelque chose, la réconforter mais les mots semblaient si faibles en comparaison du chagrin dépeint sur son visage.

-Kathelyn, je…je suis désolé…

-Je t’en prie, ne mets plus ta vie en danger de cette manière, Harry…je sais que tu fais ton possible pour accélérer les choses…

-Je serai prudent mais tu sais aussi bien que moi que mes projets doivent être menés à bien avant la fin de l’année scolaire. Je n’aurais peut-être plus d’autre occasion avant ma majorité…

Mais avant qu’il n’ait pu dire quoi que ce soit d’autre, l’index de l’adolescente se posa sur ses lèvres. Il se sentit pris d’un frisson en observant les larmes cristallines qui perlaient dans ses yeux envoutants. N’ajoutant rien, il monta encore d’une marche et la serra doucement dans ses bras.

Elle ne résista pas et l’étreignit elle aussi, les larmes s’écoulant en silence sur ses joues diaphanes. Il savait qu’il n’était pas physiquement là, que son corps devait se trouver encore étendu dans la salle de classe ou bien en route pour l’infirmerie…et pourtant, son souffle dans son cou, la senteur vanillée de ses cheveux, la douceur de sa voix…n’était-ce que son imagination ? Ou bien existait-il aussi des sens pour l’esprit une fois ce dernier libéré du corps ?

-Je n’aurais pas dû faire ça mais quand l’épouvantard a pris ton apparence, j’ai…je n’ai pas pu…c’était plus fort que moi…

Elle s’écarta légèrement de lui, de sorte que leurs regards puissent se croiser. Alors que l’adolescent s’attendait à la voir exprimer de la pitié ou de la colère, il fut surpris de lire de l’amusement dans ses yeux azur.

-Je connais ton penchant à jouer les héros, Harry et je sais…que tu serais prêt à te battre jusqu’à la mort si ma vie était en danger. Je te demande juste de faire un peu plus attention la prochaine fois, je serais inconsolable s’il t’arrivait malheur…

Les joues du Serdaigle s’empourprèrent alors qu’il bredouillait des paroles incompréhensibles. Kathelyn éclata d’un rire cristallin, qui sonnait si bien aux oreilles du jeune homme qu’un sourire naquit presque immédiatement sur ses lèvres.

-Il faut que tu retournes là-bas, à présent. Déclara-t-elle d’un ton qui se voulait joyeux mais qui laissait percevoir la même tristesse qu’auparavant.

-Je sais, Remus et Dobby doivent sûrement s’être fait pas mal de souci…

-Tes parents seront présents eux aussi. Je connais tes sentiments à leur égard mais…

-Ne t’en fais pas, je ne ferai rien qui puisse compromettre mes projets. J’ai attendu sept longues années et grâce à votre aide, à toi et à Dame Brunehilde, mon rêve deviendra bientôt réalité…

Et tout en parlant, Harry sentit que l’environnement devenait de plus en plus flou autour de lui, même la princesse semblait s’éloigner au fur et à mesure. Il s’obstinait pourtant à fixer le visage de l’adolescente, qui prit une dernière fois la parole.

-Prends garde à toi, Harry…un grand danger te guette, ce n’est qu’une question de jours…sois prudent…et méfie-toi autant de l’araignée que du rat…

Le Serdaigle ne put rien entendre de plus, car sa vision se brouilla et tout devint noir.





A plusieurs centaines de kilomètres de Poudlard, un homme marchait d’un pas pressé dans un long couloir, tenant sa baguette dans une main et une tablette de chocolat dans l’autre tout en marmonant dans sa barbe de trois jours.

Il était vêtu d’une longue robe de sorcier élimée, dont la couleur écarlate originelle s’était à ce point assombrie qu’elle avait pris une teinte cramoisie. Ses cheveux bruns mi-longs, parsemés de mèches grises, laissaient apercevoir un début de calvitie au sommet de son crâne, qu’il essayait vainement de cacher avec un grand chapeau vert pomme, non seulement passé de mode mais qui surtout jurait atrocement avec son habit.

Et pourtant, Walter Scofield n’avait rien d’un excentrique. Auror depuis plus de vingt ans, il avait combattu aux côtés du célèbre Alastor Maugrey contre les légions du Seigneur des Ténèbres. Cette période pourtant sombre de l’histoire des sorciers d’Angleterre, s’était étrangement révélée comme la plus épanouie de la vie de celui qu’on appelait autrefois « Walt le marionnettiste ».

Pour un homme bourru qui n’avait jamais touché une poupée de sa vie, ce surnom aurait pu paraître assez ironique et même à l’heure actuelle, peu de gens connaissaient encore le véritable sens de ce sobriquet, ou plutôt trop peu de ses compagnons avaient survécu aux mangemorts pour pouvoir le raconter.

Dans sa jeunesse, Walt avait été un étudiant moyen, obtenant à peine assez d’ASPIC pour commencer sa formation d’Auror. Cette même formation ne s’était pas passée différemment de ses études à Poudlard, lui donnant même l’impression qu’il s’était peut-être trompé de voie…

…et puis la guerre avait commencé. Le chaos s’était abattu sur le monde sorcier, en même temps que l’ombre de celui qu’on appelait Vous-Savez-Qui, ou encore Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Beaucoup d’Aurors avaient perdu la vie dès les premières semaines, obligeant le chef du bureau des Aurors, Maugrey, à s’entourer de recrues certes motivées mais surtout jeunes et complètement inexpérimentées. Walt avait été de ceux-là, et alors qu’il venait à peine d’obtenir son diplôme, il avait été plongé dans un monde nouveau, sombre et effrayant.

Les premières années s’étaient avérées particulièrement difficiles, jusqu’à ce que le directeur du Département des Lois Magiques, Bartemius Croupton, ne donne l’autorisation aux Aurors d’user de tous les moyens possibles, y compris les sortilèges impardonnables, pour stopper la menace grandissante des mangemorts.

Et c’est ainsi que cinq ou six ans après le début de la guerre, au cours d’un vulgaire affrontement avec un laquais de Voldemort, Walt s’était découvert une aptitude un peu particulière. A l’époque, pris de curiosité et enfiévré par la lutte incessante, il avait eu recours à l’Imperium.

Ce jour-là fut le déclic, la révélation de toute une vie de quête et d’interrogation. En essayant le sort interdit contre le mangemort, le jeune Auror s’était découvert une remarquable habileté à exploiter le contrôle de la victime jusque dans ses derniers retranchements. Capable de contrôler l’esprit même du mangemort, il avait pu remonter jusqu’à l’une de leurs cellules, au sud de Londres, qui avait donné lieu à la première grande victoire des Aurors face aux mangemorts.

Il s’en était suivi bien d’autres batailles, où les Aurors avaient très souvent été mis en difficulté mais à partir de cet instant, les défenseurs de l’ordre et la justice avaient obtenu de nouvelles victoires, et surtout causé un bon nombre de victimes parmi les suivants du mage noir.

Malheureusement, les « chasseurs de mages noirs » tels qu’on les appelait durant les années de terreur, n’étaient plus très utiles à l’heure actuelle. Fol’œil avait d’ailleurs pris sa retraite, même si l’on disait qu’il était toujours prêt à se battre, n’attendant qu’un signe du mage noir pour repartir en croisade contre lui.

Agé d’une quarantaine d’années, Scofield n’avait pas eu la patience de Maugrey, et était resté dans le service actif. Il s’était alors mis à surveiller de près Lucius Malefoy, dont il était absolument certain qu’il s’agissait d’un mangemort, et non pas une simple victime comme il essayait de le faire croire.

Toutefois, l’Auror avait sous-estimé le montant des subventions que le sang-pur accordait au ministère, ainsi que le pouvoir que cela lui prodiguait. C’est pour cette raison que l’Auror Walter Scofield avait été rétrogradé et envoyé comme surveillant à la prison d’Azkaban pour une durée indéterminée. Il en venait d'ailleurs à se demander s'il ne finirait pas sa vie ici, perdu sur ce caillou en pleine mer, avec pour principaux collocataires des détraqueurs et des criminels...

-Robinson ! Ça fait près d’une heure que tu aurais dû faire ton rapport ! Réponds !

Walt s’était arrêté devant une lourde porte de fer, croquant dans sa tablette de chocolat. Robinson était un jeunot, à peine sorti de l’école, mais qui avait eu le malheur de critiquer ouvertement la politique du Ministre, Cornélius Fudge, en présence de l’intéressé, lors de la remise des diplômes d'Auror.

Ce manque de respect avait donc été puni par une sanction et une affectation à la surveillance d’Azkaban pour au moins trois ans. Le vieux Scofield avait donc pris le garçon sous son aile et lui racontait de temps à autres ses glorieuses batailles. D’ailleurs, pendant les onze derniers mois que le vieux Walt avait passé avec lui, c’était la première fois que le garçon était aussi silencieux. C’en était presque inquiétant.

-Robinson, grouille-toi ! On va finir par rater la retransmission du match des Canons de Chudley contre le Club de Flaquemare ! Tu ne voudrais pas perdre une occasion de voir ton équipe préférée se faire laminer par…

Mais l’Auror ne put terminer sa phrase, une violente douleur lui transperçant le bras. Faisant volte-face, il ne put qu’entrevoir des silhouettes sombres se profiler dans les ténèbres. Jetant un coup d’œil à son bras ensanglanté, Walt reconnût un sort de magie noire de niveau moyen, permettant de créer de profondes coupures, même si le rayon ne faisait que frôler la cible.

-Diffindo !! S’écria l’Auror, en se projetant sur le côté.

Mais son sort n’atteignit probablement que le vide puisqu’aucun son, ni aucun cri ne se fit plus entendre. A genoux derrière un pilier, le bras droit ruisselant de sang, il essayait de trouver un moyen de fuir, pour regagner le poste de surveillance et donner l’alerte.

C’est peut-être parce qu’il était plongé dans ses pensées, ou bien parce que sa perte importante de sang diminuait l’acuité de ses sens, qu’il ne remarqua pas une silhouette fine et agile se glisser derrière lui, à la manière d’un serpent.

Tout ce qu’il put voir avant l’instant fatidique, c’était l'éclat d’une lame d’argent, reflétant les rayons lunaires dans un éclair de clarté. Puis, il sentit la douleur lui envahir le torse, alors que le poignard était probablement passé à quelques centimètres de son cœur. Cela ne ferait pas grande différence, au vu de la quantité de sang qu’il perdait.

Sur le point de sombrer dans le sommeil éternel, il entendit toutefois les voix de ses agresseurs.

-Ce fut moins facile avec celui-là qu’avec le gamin, regarde-moi ça, son sort de découpe est passé à trois ou quatre millimètres de mon cou ! S’exclama un homme d’une voix nasillarde.

-Arrête de te plaindre, nous sommes libres, tu devrais t’en réjouir ! Nous allons enfin pouvoir rejoindre le Seigneur des Ténèbres ! Rétorqua un autre homme, d’un ton plus hautain.

-En effet, mon tendre ami, mais pas tout de suite. Pour avoir le droit de revenir auprès du maître, il nous faut achever la tâche qu’il n’a pu mener à bien il y a douze ans… Maintenant, allons libérer les autres ! Termina une troisième personne, qui devait sûrement être une femme, tout en écrasant un journal dans ses mains.

Walt entendit les bruits de pas s’éloigner et s’autorisa une bouffée d'air. Sa respiration était saccadée et particulièrement difficile. Malgré ça, il se mit à ramper sur le sol, jusqu’à l’exemplaire froissé de la Gazette du Sorcier, laissé par les fugitifs. Posant son regard sur la première page, ses yeux s’écarquillèrent lorsqu’il en aperçut le titre « Un Auror devient professeur à Poudlard ! Interview de James Potter ! ».

Les idées commencèrent à s’emboîter lentement dans l’esprit du mourant, alors que les paroles de la femme repassaient dans sa tête comme un disque rayé : il nous faut achever la tâche qu’il n’a pu mener à bien il y a douze ans…

-Non…prévenir…Alastor… Balbutia-t-il d’une voix étrangement faible et rauque.

Le front ruisselant de sueur, l’Auror leva sa main et observa un moment son annulaire, où se trouvait une chevalière tâchée de son sang. D’un mouvement brusque, il colla son poing contre sa tempe, le visage tendu par une expression de profonde concentration. Une lueur argentée sembla entourer la bague pendant quelques instants, avant que la main ne retombe d’elle-même sur le sol.

En effet, Walter s’était affalé sur le sol, ses yeux bruns ayant perdu leur étincelle de vie. Si quelqu’un avait pris la peine d'examiner la chevalière à cet instant, il y aurait vu, gravée dans le métal, la forme étincelante d’un phénix…

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MessageSujet: Re: Frères d'Ombre et de Lumière Tome 1 : L'évasion d'Azkaban   Mer 26 Nov - 1:34

Chapitre 5 : Promets-moi…


La personne la plus hésitante à faire une promesse est celle qui la respectera avec le plus de foi.

Jean-Jacques Rousseau



Lorsque Ginny ouvrit les yeux, elle sut immédiatement qu’elle ne se trouvait pas dans son lit. Hormis le changement évident de décor par rapport à son dortoir, c’était surtout la sensation douloureuse dans son dos, probablement due à sa mauvaise position sur cette chaise pendant son sommeil, qui l’amenait à penser qu’elle se trouvait autre part. Il lui fallut quelques secondes plus pour se souvenir qu’elle était venue à l’infirmerie, accompagnant le corps inconscient d’Harry.

En effet, la jeune Weasley était restée au chevet du jeune Potter depuis le milieu d’après-midi, jusqu’à tard dans la nuit. Elle considérait que l’incident avec l’épouvantard était entièrement sa faute… et voulait également remercier le Serdaigle d’être venu à son secours.

Relevant la tête tout en frottant ses yeux ensommeillés, elle sursauta en remarquant que le lit où résidait Harry il y a encore quelques heures était vide. Se levant d’un bond, elle fit accidentellement tomber la chaise sur laquelle elle était assise, ainsi que la couverture qui avait été posée sur ses épaules. Toutefois, elle n’y prêta pas davantage d’attention et se mit à lancer des regards perdus autour d’elle.

-Ne t’inquiète pas, Ginny, je ne suis pas allé bien loin. Déclara une voix familière, d’un ton amusé.

Faisant volte-face, la Griffondor se concentra sur l’origine de la voix et plissa les yeux, avant de distinguer la faible lumière d’un lumos à quelques mètres d’elle. S’avançant de quelques pas dans sa direction, elle finit par l’apercevoir.

Assis dans un confortable fauteuil qu’il devait sûrement avoir invoqué, le jeune Potter s’était installé près de la fenêtre, vêtu de pied en cape, comme si de rien était. Dans ses mains se trouvait un parchemin qui était familier à l’adolescente. Son visage prit une expression surprise lorsqu’elle le reconnût.

-Tout à fait, ceci est bien la Carte du Maraudeur, ou plutôt une copie puisque l’originale se trouve toujours en possession de mon cher frère. Déclara Harry avec une pointe de sarcasme dans ses derniers mots.

-Mais comment te l’es-tu procurée ? Je veux dire, je ne savais même pas qu’on pouvait en faire une copie tout en gardant ses propriétés magiques…

-Mon oncle Remus, dont tu as peut-être entendu parler sous le pseudonyme de Lunard, a été l’un des principaux concepteurs de la Carte. Grâce à ses explications, il ne m’a guère été difficile d’en faire un second exemplaire, à partir du moment où j’ai pu disposer de l’originale pendant quelques minutes.

Le Serdaigle semblait très calme, presque…reposé. Les cernes sous ses yeux étaient moins visibles mais surtout son regard…son regard émeraude n’était plus aussi froid, laissant place à d’autres émotions, telles que l’amusement et la gentillesse mais aussi une certaine forme de mélancolie.

-Merci de m’avoir veillé. Je sais que tu es restée ici pendant tout le temps où j’étais inconscient et je t’en suis reconnaissant. Déclara-t-il d’un ton paisible.

-Non, c’est…c’est ma faute si tu as perdu connaissance et…je me sentais tellement coupable, tellement faible de ne pas avoir pu lui faire face…

Mais elle ne termina pas sa phrase, sentant une main effleurer son menton, pour la faire doucement relever la tête. Elle rencontra à nouveau les yeux verts du jeune Potter, qui s’était levé pour lui faire face. Son visage avait perdu toute expression d’amusement, reprenant un air sérieux et déterminé.

-Tu n’étais pas encore préparée pour ce genre de confrontation. C’est pourquoi en plus des leçons d’occlumencie, je vais te donner quelques cours de Défense contre les Forces du Mal.

-ça veut dire que tu m’apprendrais à me défendre ?

-En effet. Je vais étendre notre partenariat à un pacte de défense, cela me paraît équitable en échange du fait que tu gardes mon secret, ne crois-tu pas ?

La jeune Weasley se contenta d’acquiescer de la tête avant que son attention ne soit de nouveau attirée par la carte qu’Harry tenait toujours entre ses mains. En la regardant un peu plus précisément, elle se rendit compte d’un détail étrange.

-C’est bizarre, il est presque quatre heures du matin et il y a beaucoup d’allées et venues… Indiqua-t-elle à voix basse.

-Tu as remarqué toi aussi ? J’ai l’impression que quelque chose d’intéressant se prépare au château pour une fois. D’autant plus que mes parents se trouvent en compagnie de Remus et ça ne doit pas être de gaieté de cœur…mais plus encore, il y a des gens qui ne devraient pas être ici…

-De qui parles-tu ? Demanda Ginny en se penchant sur la carte.

-Regarde de plus près, dans le couloir du deuxième étage qui mène au bureau de Dumbledore.

Observant la Carte de plus près, la Griffondor aperçut effectivement des noms qu’elle ne connaissait pas : Dedalus Diggle, Hestia Jones, Sturgis Podmore…

-Qui sont ces gens ?

-Attends, il y a mieux. Regarde au rez-de-chaussée, près du hall d’entrée.

Ginny suivit l’indication du jeune Potter et son regard se figea lorsqu’elle aperçut deux noms qui n’auraient jamais dû se trouver ici. Arthur et Molly Weasley. Ses parents se trouvaient à Poudlard en ce moment même !

Adressant un regard interrogateur à Harry, ce dernier se contenta d’esquisser un sourire énigmatique avant de prendre la parole d’un ton malicieux.

-As-tu déjà entendu parler de l’Ordre du Phénix ?




Remus avançait dans le couloir d’un pas pressé, visiblement d’ignorer James et Lily qui tentaient de le suivre, tant bien que mal.

Dire que le loup-garou était en colère aurait été un euphémisme. Depuis leur altercation quelques heures plus tôt, Lupin n’avait plus adressé la parole à aucun des deux époux et son irritation ne semblait pouvoir que croître.

En effet, alors qu’il avait été sur le point d’accéder à l’infirmerie (après plus d’une heure de négociations avec Mme Pomfresh), Dumbledore les avait faits appeler de toute urgence pour une réunion de l’Ordre. Or, l’Ordre ne s’était pas retrouvé au complet depuis près de douze ans, depuis cette fameuse nuit qui avait vu la défaite de Voldemort et fait la gloire du Survivant.

Alors que ses pensées se tournaient à nouveau vers la conduite désinvolte et irresponsable de James, un souvenir refit surface dans son esprit. Remontant plus de quatre années en arrière, le lycanthrope ferma les yeux un court instant et se laissa entraîner dans les méandres de sa mémoire.

Flash Back

Il était déjà presque neuf heures du soir lorsque Remus arriva au domicile des Potter, le souffle court et le visage fatigué. Epoussetant sa cape rapiécée, il sortit de la cheminée et prit quelques instants pour contempler la pièce.

Assis près de la fenêtre, Sirius était en train de mimer de grands gestes, sa baguette levée, comme s’il était en train de livrer un duel contre un adversaire imaginaire. Lunard ne put s’empêcher d’esquisser une moue amusée en imaginant les vieilles histoires de maraudeurs qu’il devait être en train de raconter.

Face à l’héritier des Black se trouvaient James et William, le visage de ce dernier étant éclairé par un grand sourire et une expression de profond émerveillement. Son père riait de bon cœur et semblait faire des remarques qui embêtaient beaucoup Patmol.

Se tournant vers l’autre côté du salon, il aperçut Lily, montée sur un petit tabouret, qui essayait tant bien que mal d’accrocher une étoile au sommet du sapin de Noël, pour enfin finir de le décorer. Remus secoua la tête, se demandant pourquoi la femme de son meilleur ami était à ce point opposée à l’idée d’utiliser la magie pour régler ce genre de tâches.

Passant auprès de ses deux amis, il les salua rapidement puis se dirigea vers Lily pour déposer un paquet au pied du sapin, dont le prénom de Will était inscrit sur l’étiquette, en lettres capitales. Proposant poliment à la Griffondor de l’aider à finir de décorer l’arbre de Noël, il ne s’offusqua pourtant pas lorsqu’elle déclina son offre.

Au contraire, il s’avança rapidement vers les escaliers, qui se révélait être sa véritable destination. Il s’arrêta néanmoins un instant en haut des marches, une lueur de tristesse dansant au fond de ses yeux.

Pour quelqu’un qui n’aurait pas connu personnellement les Potter, un simple regard envers les personnes se trouvant au rez-de-chaussée aurait suffit à démontrer qu’ils étaient une famille des plus heureuses et des plus unies. Et cela aurait été probablement vrai si James et Lily n’avaient eu qu’un seul fils et parfois, peut-être en étaient-ils eux-mêmes convaincus…

S’avançant dans le couloir d’un pas feutré, il profita de son répit pour sortir un objet de son sac. Posant son regard sur le petit paquet, emballé maladroitement dans du papier cadeau, il ne put s’empêcher de s’interroger : son cadeau lui plairait-il ? Avait-il toujours les mêmes goûts ?

Chassant ces questions de son esprit, le lycanthrope reprit son chemin vers le bout du corridor, plongé dans la pénombre. C’était à peine si l’on distinguait les contours d’une porte dans l’obscurité ambiante et malgré cela, Remus n’hésita pas un seul instant en posant sa main sur la poignée.

La tournant silencieusement, il pénétra dans la pièce…et retint à peine une exclamation de surprise. Bien qu’il soit un habitué des lieux, et plus particulièrement de cette pièce, Remus ne cessait d’être étonné par l’allure de la chambre.

Les murs, d’une blancheur immaculée, étaient tous garnis d’étagères, la plupart construites à la hâte en prolongement les unes des autres, à tel point qu’on se serait cru dans une bibliothèque.

En effet, pas un seul jouet ne tapissait le sol de la chambre, ni quoi que ce soit d’autre d’ailleurs. Il y avait bien une ou deux piles de livres qui s’entassaient sur une chaise, mais hormis ce détail, l’ordre régnait en maître.

Focalisant une nouvelle fois son attention sur les étagères, Remus ne put qu’arborer une expression admirative. En effet, les quelques centaines de livres qui s’y trouvaient étaient tous ordonnés, d’abord selon leur nature : c'est-à-dire d’un côté les romans et les écrits philosophiques et de l’autre les manuels scolaires et les encyclopédies.

Lunard avait en revanche remarqué une chose intéressante dans le classement effectué par l’occupant de la chambre : il n’y avait aucune distinction entre les origines des ouvrages.

Qu’ils soient moldus ou sorciers ne semblait revêtir aucune importance du point de vue du garçon. C’est pourquoi parmi les manuels, le griffondor pouvait aussi bien reconnaître des matières connues comme la métamorphose ou les potions, que d’autres dont il ignorait tout, telles que la physique ou la chimie.

Reportant enfin son attention sur l’occupant de la pièce, il esquissa sans s’en rendre compte un léger sourire. Un garçon âgé de neuf ans, dont les traits étaient identiques à ceux de William, était assis sur une chaise, tête baissée, une plume à la main.

Sur le bureau auquel il était assis, se trouvait un épais ouvrage relié de cuir, que Remus reconnût comme étant un vieil exemplaire du Livre des sorts et enchantements, niveau trois. Observant un instant le garçon, il ne peut s’empêcher de constater les différences entre lui et William.

Jamais le visage du Survivant n’aurait pu exprimer une telle concentration, de même qu’il aurait été difficilement en mesure de garder sa chambre en ordre plus d’une heure ou deux…

Non, le garçon sous ses yeux n’avait d’un enfant de neuf ans que l’apparence, voilà tout. Lunard savait que s’il rencontrait les yeux verts du second fils de James, il n’y verrait ni joie, ni émerveillement…simplement une maturité dont il n’aurait pas dû avoir conscience avant plusieurs années.

-Bonsoir, Harry.

Le garçon releva la tête, se redressant en même temps, avant de se tourner vers lui. L’expression sérieuse qu’il affichait jusqu’à présent se transforma en un sourire, certes moins large et enjoué que celui de Will, mais où l’affection et l’amour qu’il lui portait étaient bien visibles.

-Bonsoir oncle Remus. Déclara-t-il en se levant.

Et c’est alors qu’Harry faisait quelques pas dans sa direction que Lunard comprit que quelque chose avait changé. Le garçon était un peu plus maigre et ses yeux, bien que cachés derrière ses lunettes rondes, paraissaient fatigués.

-Tu devrais manger un peu plus, tu as l’air maigre, Harry ! S’exclama Lupin d’un ton plus enjoué.

-Ah oui ? Et bien toi, tu devrais prendre le soleil un peu plus souvent, ton visage est encore plus pâle que le fantôme du sous-sol. Tu as déjà pensé à partir en vacances ? Rétorqua le jeune Potter d’un ton ironique.

Tous deux éclatèrent de rire avant de s’étreindre, le lycanthrope en profitant pour ébouriffer les cheveux déjà hérissés de son neveu, tout en pouffant d’un rire moqueur. Ce dernier lui répondit par un regard faussement courroucé.

-Tu as vraiment les cheveux de James, impossibles à dompter. Je me souviens encore quand il a commencé à vivre avec Lily, elle avait essayé près d’une cinquantaine de shampoings et lotions différents avant de s’avouer vaincue…

-Ne m’en parle pas, elle a essayé sur Will aussi mais sans plus de succès…

Un voile de tristesse passa furtivement dans le regard du garçon mais sans passer inaperçu aux yeux du loup-garou. Le fait qu’elle ait « essayé sur Will » signifiait qu’elle n’avait pas pris la peine de faire de même avec lui. Cela faisait près de trois ans maintenant que les Potter s’étaient mis à agir de façon étrange avec Harry, à tel point qu’il avait été tenté plusieurs fois de leur en parler…

Malheureusement, à chaque fois, le principal concerné s’était interposé, le suppliant de ne rien leur dire. C’était assez étrange, en terme général, les enfants étaient sensés désirer l’attention et l’affection de leurs parents, et non pas vouloir les fuir.

Toutefois, Harry n’était pas un garçon comme les autres. Non, en plus d’avoir une intelligence remarquablement développée, il était pourvu d’un esprit fertile et créatif. Remus avait assisté à ses premières tentatives de magie contrôlées – grâce au concours de sa baguette d’ailleurs – et c’était presque sans difficulté que le jeune Potter avait réussi à faire léviter une plume.

Sept ans ! Il n’avait que sept ans la première fois qu’il avait réussi à lancer un sort ! Certes, ce n’était qu’un sort de première année mais ça n’en restait pas moins un petit prodige.

-Harry, je peux te poser une question ?

Pour toute réponse, le garçon esquissa une moue interrogative, avant de finalement hocher la tête. Prenant une grande inspiration, Remus ferma un instant les yeux avant de finalement prendre la parole d’un ton inquiet.

-Je voudrais savoir pourquoi tes parents se comportent de cette manière à ton égard. Je sais que tu en connais la cause et je sais aussi que tu ne souhaites pas me la révéler mais…j’ai besoin de savoir, Harry. Ce sont mes meilleurs amis et je ne pourrais pas supporter l’idée qu’ils t’ignorent sans aucune influence extérieure !

Harry ne bougea pas d’un iota, son expression restant imperturbable. C’était presque inquiétant de voir un garçon si jeune doté d’un tel sang-froid. Lorsque le jeune Potter ouvrit la bouche pour répondre, sa voix était calme bien que légèrement plus teintée de nervosité que d’ordinaire.

-D’accord, je vais te dire la vérité à leur sujet, et seulement à leur sujet. Mais d’abord, je voudrais que tu me fasses une promesse…une promesse que tu ne devras jamais rompre, quoiqu’il arrive, absolument jamais. Dans le cas contraire, les conséquences seraient graves, très graves et pas seulement pour nous…c’est ta parole que je te demande et j’y mets toute la confiance que j’ai envers toi, oncle Remus…


Fin du flash back

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MessageSujet: Re: Frères d'Ombre et de Lumière Tome 1 : L'évasion d'Azkaban   Mer 26 Nov - 1:35

Remus fut sorti de ses pensées en arrivant devant la gargouille qui donnait accès au bureau de Dumbledore. Prononçant rapidement le mot de passe, il s’engouffra dans l’escalier en compagnie de James et Lily.

Toutefois, si l'ancien préfet n’avait pas été à ce point perdu dans ses réflexions, ses sens de loup-garou lui auraient permis de sentir la présence des deux adolescents qui parcouraient un couloir avoisinant, se dirigeant dans leur direction…




-C’est…c’est l’entrée du bureau de Dumbledore ? Demanda la Griffondor d’un ton dubitatif.

-Tout à fait. Cette statue en forme de gargouille ne bouge que si l’on prononce le bon mot de passe. C’est un peu le même système que l’entrée des salles communes des quatre maisons.

-Mais comment va-t-on faire pour entrer si l’on n’a pas le mot de passe ?

Harry esquissa un sourire ironique puis s’avança devant la gargouille de pierre. La question que venait de poser la jeune Weasley était pertinente et elle l’avait d’ailleurs beaucoup préoccupé depuis près d’un an.

En dépit de toutes ses recherches sur les sortilèges et rituels permettant d’ouvrir des portes ou des entrées enchantées, il avait découvert un moyen beaucoup plus pratique et subtile qu’un sort quelconque pour arriver à ses fins. Lorsqu’il ouvrit la bouche, ce ne furent pas des mots qui en sortirent, à la grande stupeur de Ginny, mais des sifflements.

-Ouvre-toi.

Et comme pour obéir à son ordre, la gargouille s’écarta, révélant la présence d’un escalier en colimaçon. Les deux adolescents s’y engagèrent, et comme s’y attendait Harry, de nouvelles questions fusèrent.

-Tu as bien parlé en fourchelang, non ? Comment se fait-il que la gargouille t’ait laissé entrer ?

-Oh, c’est plutôt simple. En lisant l’Histoire de Poudlard, je suis tombé sur un chapitre qui parlait des fondateurs. L’un des passages mentionnait que c’était Salazar Serpentard qui avait créé le système des portraits pour accéder aux salles communes. Je me suis dit qu’il avait dû se garder un moyen alternatif d’ouvrir ces passages au cas où le mot de passe aurait changé…un moyen que lui-seul aurait possédé, bien évidemment.

-Alors, tu veux dire qu’il a utilisé le fourchelang ?

-Après avoir observé le mécanisme d’ouverture de la Chambre des Secrets, j’en ai fait mon hypothèse la plus cohérente, oui. Toutefois, je n’ai pas pu la tester avec les tableaux, parce qu’ils auraient pu s’empresser d’aller tout répéter à Dumbledore…

Ginny prit une mine à la fois pensive et émerveillée, expression qui accentua le sourire d’Harry. Cela ne faisait pas deux jours qu’il côtoyait la Griffondor mais à en voir son étonnement à chaque fois qu’il lui montrait quelque chose sur Poudlard, le Serdaigle en déduisit que le « trio d’or » n’avait pas dû souvent embarquer la fille cadette des Weasley dans leurs petites expéditions nocturnes.

Et Merlin savait à quel point les trois Griffondor ne s’étaient pas gênés pour explorer le château en tout impunité grâce à la cape d’invisibilité de James. Harry avait souvent observé leurs déplacements sur la Carte et les avait même parfois suivis en cachette, juste au cas où ils tomberaient sur des informations intéressantes…

-Je comprends…mais au fait, pourquoi l’escalier ne bouge pas ?

-Excellente question ! A vrai dire, je suis un peu étonné aussi… Là encore ce n’est qu’une hypothèse mais…je pense qu’il existe deux mots de passe.

-Comment ça, deux mots de passe ? Répéta Ginny en haussant un sourcil.

-Et bien oui. Réfléchis un instant. Le corps professoral doit être au courant du mot de passe du directeur pour pouvoir accéder à tout moment à son bureau. Or, lorsque j’ai aperçu McGonagall s’aventurer vers la gargouille, l’escalier s’est mis à monter de lui-même après qu’elle eut prononcé le mot de passe, comme un ascenseur…

Harry eut droit à une expression de curiosité de la part de Ginny. Pourtant, il n’avait rien dit de compliqué, et aucun de ses mots n’était…

Le visage du garçon s’éclaira et il esquissa un sourire d’excuse avant de reprendre la parole.

-Désolé, j’oublie parfois de dissocier mon vocabulaire sorcier de mon vocabulaire moldu. Un ascenseur est un escalier mécanique moldu dont les marches montent ou descendent d’elles-mêmes.

-Oh…mon père serait sûrement très intéressé de connaître ça. Il est complètement dingue des technologies moldues. Ça me rappelle quand il a voulu montrer la « voiture » volante qu’il avait ensorcelé à maman. Elle lui a fait une de ses crises…

-Ce n’est pas très étonnant. Ensorceler des objets moldus est interdit par le Ministère. D’autant plus que ton père y travaille…

Ginny se raidit en entendant les derniers mots du Serdaigle. La pensée la traversa que peut-être le jeune Potter pourrait utiliser cette anecdote pour lui faire du chantage, ou pire encore pour faire directement renvoyer son père du Ministère. Mais à sa grande surprise, lorsqu’elle tourna son visage vers lui, elle n'aperçut aucune menace dans ses yeux, juste un profond amusement alors que ses lèvres étaient plissées en un très léger sourire.

-Je t’avouerais que je t’envie un peu, Ginny. Jamais ma mère n’oserait associer la technologie moldue à la magie…d’une part parce qu’elle est bien trop respectueuse des règlements, et d’autre part parce qu’elle ne veut pas utiliser la magie lorsque ce n’est pas « absolument nécessaire ». Quant à mon père, qui est sang pur, il ne s’est jamais intéressé particulièrement à la technologie moldue, bien qu’il n’ait aucune animosité à leur égard.

La jeune Weasley observa Harry pendant quelques instants, essayant de décoder un quelconque sentiment sur son visage, en apparence si inexpressif. Le ton qu’il avait utilisé pour parler de ses parents n'était ni amusé, ni affectueux… Non, c’était le même ton qu’aurait utilisé un professeur pour enseigner quelque chose à ces élèves, simplement informatif…

-Est-ce que…

-J’ai trouvé ! De la même manière que l’escalier monte lorsqu’on dit le mot de passe qui permet l’accès au bureau du directeur, il doit sûrement descendre au cas où l’on prononcerait le second mot de passe. Peut-être qu’en prononçant une commande basique…

L’air pensif, il reprit la parole, émettant le même genre de sifflements et crachotements qui caractérisaient la langue des serpents.

-Fais-nous descendre.

Et une nouvelle fois, l’escalier répondit à son ordre et se mit à descendre. Ginny ne put s’empêcher de frissonner en se demandant ce qu’ils allaient bien pouvoir trouver en bas. Contrairement à elle, Harry ne semblait pas du tout nerveux. Au contraire, au-delà de son apparence imperturbable, elle voyait briller une lueur d’intérêt et d'excitation dans ses yeux émeraude.

-Je vais enfin savoir à quoi ressemble le QG de l’Ordre du Phénix…

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MessageSujet: Re: Frères d'Ombre et de Lumière Tome 1 : L'évasion d'Azkaban   Ven 28 Nov - 13:13

Chapitre 6 : L’Ordre du Phénix


Le sort fait les parents, le choix fait les amis.

Jacques Delille



Harry savait qu’il était en train de se précipiter dans la gueule du loup, ou plutôt le bec du Phénix dans le cas présent. Si les membres de l’Ordre venaient à l’attraper, non seulement il se ferait rudement disputer par ses parents, mais il risquait aussi d’attirer leur attention et pire encore, celle de Dumbledore.

Or, le vieil homme, malgré ses apparences de grand-père bienveillant, était un des plus puissants sorciers de la communauté britannique. Et ce n’était certainement pas avec un sourire qu’il avait vaincu le mage noir Grindelwald. Le pire pour Harry, c’était peut-être qu’aucun des nombreux livres qu’il avait parcouru ne mentionnait le moindre détail sur la manière dont Dumbledore avait terrassé son adversaire.

Et s’il y avait bien une chose que le Serdaigle détestait par nature, c’était d’être laissé dans l’ignorance. Cela expliquait peut-être la quantité faramineuse d’ouvrages qu’il avait dévorés ces huit dernières années, depuis que Remus lui avait appris à lire. C’était également en partie sa soif de connaissance qui l’avait amené à faire des choix drastiques, à un âge où il n’aurait jamais dû être en mesure de les faire…

-Harry, on est restés plantés devant cette porte depuis bientôt cinq minutes…qu’est-ce qu’on fait maintenant ?

La voix à la fois exaspérée et anxieuse de Ginny le sortit de ses pensées, le ramenant au présent. Après être arrivés en bas de l’escalier de pierre, ils avaient suivi un long couloir aux murs dépourvus de la moindre inscription, jusqu’à ce qu’une porte apparaisse à l’horizon. Et quelle porte ! Haute d’environ trois mètres, toute sa surface était gravée d’inscriptions étranges et de runes, dont le jeune Serdaigle arrivait à peine à déchiffrer la moitié.

Il était inconcevable qu’Albus Dumbledore ait conçu une telle porte, et rien qu’à observer le bois dont elle était constituée, Harry pouvait estimer sa conception à environ trois ou quatre siècles minimum. Une nouvelle remarque de la Griffondor le tira de ses réflexions.

-On ne devrait pas faire demi-tour ? Après tout, on pourra toujours demander à mes parents ou aux tiens ce qui s’est passé…

-Tu crois franchement qu’ils nous diraient quoi que ce soit ? Will n’a pas bougé du dortoir des Griffondor, idem pour Granger et ton frère… Non, s’ils ont caché cette réunion au Survivant, ils n’ont aucune raison de nous en parler…

Tout en prononçant ces quelques mots d’une voix lasse, le Serdaigle s’était écarté de la porte et promenait ses mains sur les murs de pierre qui l’environnaient. L’adolescent sentait quelque chose, oui quelque chose qui émanait d’un de ces murs…une source de magie presque imperceptible mais ce n’était pas un être vivant ou quelque chose du genre…

Collant son front contre le mur de pierre glacée, Harry ferma les yeux pendant quelques instants, priant pour qu’on lui envoie un signe…n’importe quoi qui aurait pu lui permettre d’entrer dans cette salle…

-Harry, qu’est-ce que c’est que cette lumière ?

Tiré de sa rêverie par la voix mi-inquiète, mi-intriguée de Ginny, le jeune Potter se rendit compte qu’une lumière émanait de sa manche droite. La relevant, il découvrit que l’une des runes de son bracelet scintillait doucement d’une lueur bleutée. Les yeux du Serdaigle s’agrandirent alors que son regard passait successivement du bracelet à la porte, pour finalement lever les yeux vers le mur qui lui faisait face. Son visage reflétait une parfaite incrédulité alors que son cerveau fonctionnait à toute vitesse.

-Non, ça ne pourrait pas être si simple…

-Qu’est-ce qui est simple ? Harry ! Explique-moi !

Harry passa délicatement sa main sur la roche, l’effleurant à peine alors que ses yeux émeraude avaient à présent une expression à mi-chemin entre la stupéfaction et l’admiration.

-La rune de mon bracelet qui brille actuellement ne réagit que lorsqu’elle se trouve à proximité d’une porte cachée ou verrouillée. Ce n’est pas le cas de la grande porte, dont les runes ont perdu tout leur pouvoir. En revanche, il y a de la magie…oui, il y a de la magie dans ce mur…et pourtant je ne décèle pas la moindre gravure dans la pierre…

S’écartant légèrement du mur, le jeune Potter tendit son bras droit en direction du mur. Il ferma à nouveau les yeux avant de prendre une profonde respiration. Restant ainsi pendant quelques secondes, il rouvrit lentement les yeux tout en prononçant dans ce qui semblait être un murmure.

-Elhaz.

Et sous le regard effaré de Ginny, une forme commença à se dessiner sur l’une des pierres du mur. Il s’agissait d’une rune, crépitant d’une lueur rougeâtre. Bientôt, la lumière s’étendit autour du symbole, jusqu’à dessiner ce qui ressemblait à une porte de 2 mètres de hauteur sur 1 mètre de largeur. Harry ne put s’empêcher d’esquisser un sourire malicieux alors qu’il s’avançait vers la lumière.

-Attends Harry ! Tu es sûr que c’est prudent ? Je veux dire, on ne sait pas où mène ce truc…

-J’ai ma petite idée sur l’endroit où il va nous mener…mais peut-être le légendaire courage des Griffondor te fait-il défaut ? L’interrogea Harry d’un ton mi-amusé, mi-sarcastique.

Le visage empourpré, bien que le jeune Potter ne sut pas s’il s’agissait de colère ou de honte, la fille cadette des Weasley se précipita vers le mur et s’engouffra dans la lumière. Passant une main dans ses indomptables cheveux noirs, Harry entra lui aussi dans la lumière tout en maugréant des paroles sur le caractère incompréhensible des filles…

Aussitôt que sa silhouette eut totalement disparu dans la lumière, la porte s'effaça à son tour, laissant voir de nouveau un mur complètement vierge…



Remus était resté un moment debout à observer l’immense pièce qui servait désormais de quartier général à l’Ordre du Phénix. Complètement circulaire, elle était surplombée d’un dôme enchanté semblable au plafond de la Grande Salle. A la différence de la grande salle, le « ciel » ne reproduisait pas le temps qu’il faisait à l’extérieur mais une myriade de constellations.

Des chandelles flottaient d’elles-mêmes autour d’eux, en plus des torches qui étaient accrochées aux murs. Ces mêmes murs de pierre étaient gravés d’inscriptions et de symboles que le lycanthrope ne reconnaissait pas. Néanmoins, peu d’inscriptions étaient encore visibles, la surface de ces murs était le plus souvent recouverte par des tapisseries rouges, pourvues d’un phénix doré aux ailes déployées en leur centre.

En revanche, les quatre statues, chacune située à un pôle cardinal de la pièce, lui étaient familières. Deux hommes et deux femmes, aux symboles hautement reconnaissables : un lion, un serpent, un aigle et un blaireau. Il s’agissait probablement de représentations des quatre fondateurs du temps de leur jeunesse, car les visages, bien qu’intemporels, ne comportaient pas la moindre ride. Remus se demanda un instant à quoi pouvait servir cette pièce du temps des fondateurs et pourquoi elle était aussi bien cachée.

-Asseyez-vous mes amis, je sais qu’il est tard mais ce dont nous allons discuter ce soir est de la plus haute importance.

Reposant son regard vers le centre de la pièce, Remus observa un instant la grande table ronde qui trônait au milieu de l'immense salle. La majorité des autres membres s’étaient assis suite aux paroles de Dumbledore, et il fit donc de même. Le lycanthrope remarqua que la plupart des personnes présentes appartenaient à l’Ordre originel, c’est-à-dire ayant combattu lors de la première guerre, tels que Fol’œil, Emmeline Vance ou Elphias Dodge.

Il y avait en revanche de nouveaux adhérents, tels que les époux Weasley, Arthur et Molly, mais aussi un Auror du nom de Kingsley Shacklebolt. Remus avait déjà entendu parler de Kingsley par James, qui le considérait comme un homme honnête et surtout un excellent combattant.

Reportant son attention sur Albus, le maraudeur ne peut s’empêcher d’observer que Maugrey avait un air étonnement triste. Or, il était rare de voir cet ex-Auror, d’habitude si grognon et alerte, avec une expression aussi grave. Ce n’est qu’un peu plus tard qu’il remarqua la bague posée sur la table, juste devant le directeur.

-Cette nuit-même, un de nos membres, Walter Scofield, a été assassiné à la prison d’Azkaban. Alastor ici présent en revient justement et a rapporté la chevalière de Walter, grâce à laquelle nous avons pu obtenir quelques informations supplémentaires.

Le professeur fit une pause avant de se rasseoir, laissant Maugrey poursuivre. D’une voix qui ressemblait davantage à un grognement qu’autre chose, l’ex-Auror entreprit d’expliquer la situation.

-Une douzaine de mangemorts se sont évadés d’Azkaban. Ils ont tué les deux Aurors qui patrouillaient dans leur secteur…Walter et un gosse…

D’un geste de la main, Dumbledore fit apparaître la liste des douze mangemorts qui s’étaient évadés. Remus en reconnut la plupart, comme les Carrow, les Lestrange, Dolohov, Jugson, Mulciber, Rookwood ou Travers…en revanche, un nom le fit stopper net.

Peter Pettigrow.

Ses poings se serrèrent alors que le nom du traître scintillait sur cette liste de mangemorts. Mais apparemment, il n’était pas le seul à avoir réagi car James et Lily s’étaient raidis eux aussi, leurs regards se faisant plus durs. Mais le pire, c’était peut-être Sirius qui s’était brusquement levé, le visage exprimant une profonde rage.

-A-t-on une idée de l’endroit où ils se trouvent à présent ?! Parce que je ne veux pas paraître pessimiste mais parmi cette liste de mangemorts, dont James et moi avons envoyé la moitié à Azkaban, il y a deux ou trois personnes qui seraient ravis de mettre la main sur Will !

Ne comprenant pas la haine de Sirius, même vis-à-vis de Pettigrow, le lycanthrope jeta un nouveau coup d’œil à la liste. Un nom lui avait échappé à sa première lecture, un nom qui expliquait l’attitude de Sirius et son désir de partir immédiatement à la recherche des fugitifs.

Ce nom, c’était Black. Regulus Black. Mangemort notoire bien que relativement peu important d’après ce que savait Remus, il n’en était pas moins une véritable honte aux yeux de Sirius. Oui, pour le Maraudeur qui avait passé sa vie à se démarquer de l’attitude de ses parents et de leurs convictions sur le sang-pur, Regulus représentait tout ce que le parrain des enfants Potter haïssait le plus au monde.

Albus fit un signe d’apaisement de la main avant de reprendre la parole, d’une voix calme mais emprunte de fermeté.

-Nous ignorons où ils se trouvent mais comme vient de le dire Sirius, tout porte à croire qu’ils essaieront de s’en prendre à William Potter. En effet, le fragment de souvenir de Walter nous le suggère fortement.

Et prenant la chevalière posée devant lui entre ses doigts, le professeur murmura quelques paroles à voix basse avant que plusieurs voix ne s’élèvent dans la pièce.

-Ce fut moins facile avec celui-là qu’avec le gamin, regarde-moi ça, son sort de découpe est passé à trois ou quatre millimètres de mon cou !

-Arrête de te plaindre, nous sommes libres, tu devrais t’en réjouir ! Nous allons enfin pouvoir rejoindre le Seigneur des Ténèbres !

-En effet, mon tendre ami, mais pas tout de suite. Pour avoir le droit de revenir auprès du maître, il nous faut achever la tâche qu’il n’a pu mener à bien il y a douze ans… Maintenant, allons libérer les autres !


Puis une image apparût à la place de la liste des mangemorts. Il s’agissait probablement d’une partie du souvenir, qui ne consistait qu’en la première page d’un journal, partiellement visible mais dont le titre était des plus évocateurs : Un Auror devient professeur à Poudlard ! Interview de James Potter !

-Non…prévenir…Alastor…

Et la voix rauque disparût, de même que l’image. Un silence de mort s’installa dans la pièce, finalement brisé par le bruit que fit le poing de Maugrey lorsqu’il l’abattit sur la table, une expression de rage sur ses traits qui n’avait rien à envier à celle de Sirius.

Le dit Sirius n’avait plus d’ailleurs l’air aussi sûr de lui. Non, son visage exprimait de la stupeur mais aussi quelque chose qu’on pouvait assimiler à de la compréhension. Ayant sans difficulté reconnu la voix de sa cousine, Bellatrix, Patmol réalisait soudainement que le danger que Will avait encourir était encore plus grand que s’il n’avait été question que de Peter ou Regulus.

Bellatrix Lestrange, née Black, avait été l’une des servantes les plus fidèles et les plus fanatiques de Voldemort lors de la première guerre. Véritable experte dans l’art de torturer les gens, elle n’avait aucune morale, aucun principe, si ce n’est les vieilles doctrines des sang-pur sur la pureté du sang…Pire encore, son penchant pour la torture d’enfants était presque aussi célèbre que sa responsabilité dans le triste sort des Londubat.

-Suis-je le seul à me souvenir que ce cher « Survivant » n’est pas le seul garçon que le Seigneur des Ténèbres ait essayé de tuer il y a douze ans ?

La voix glacée qui venait de tirer l’assemblée de leurs pensées n’était autre que celle de…

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MessageSujet: Re: Frères d'Ombre et de Lumière Tome 1 : L'évasion d'Azkaban   Ven 28 Nov - 13:18

-ROGUE ! Impossible ! Will affirme que c’est un mangemort ! Comment pourrait-il faire partie de l’Ordre ?! S’exclama Ginny, effarée.

Harry soupira de lassitude en passant une main sur son front. Les Griffondor étaient réputés pour être téméraires mais plus encore pour être obtus. Et le sujet « mangemort » était le plus en vogue ces trois dernières décennies parmi les rouge et or, et ça n’était pas près de changer. Le Serdaigle n’était toutefois pas étonné de voir son professeur de potions au sein de l’Ordre, au vu des rapports apparemment proches qu’il entretenait avec Dumbledore, il était presque logique que Rogue appartienne maintenant à l’Ordre, même s’il avait dû être un mangemort par le passé.

Néanmoins, la lassitude laissa bientôt place à de l’intérêt. Il ne s’attendait pas du tout à se trouver dans… « cette » pièce. Qui aurait pu imaginer que la salle qui servait de QG à l’Ordre du Phénix était également l’emplacement qu’il avait recherché depuis son entrée à Poudlard. Faisant attention à ce que Ginny soit trop occupée à regarder la réunion pour porter son attention vers lui, Harry sortit sa baguette et en tapota le bout sur sa tempe.

Un mince filament argenté en sortit et il le déposa dans une fiole qu’il venait de prendre dans sa robe. Un léger sourire étirait ses lèvres alors que son regard s’attardait à présent sur la pièce dans laquelle la jeune Weasley et lui-même se trouvaient.

Il s’agissait vraisemblablement d’une sorte de « salle d’observation » qui permettait de voir tout ce qui se passait en dessous. Car oui, les deux adolescents surplombaient le QG, de là où ils étaient. C’était comme s’ils se trouvaient sur un plancher de verre, complètement transparent tels qu’on en voit dans certains aquariums. Le bon côté de ce système, c’était qu’un plafond magique avait été installé pour empêcher les personnes du dessous de se rendre compte de leur présence. De même qu’un sort d’insonorisation devait avoir été mis en place, puisqu’aucun des membres de l’Ordre n’avait tressailli suite au cri de stupeur de la Griffondor.

C’est alors qu’une voix bien familière le sortit à nouveau de ses pensées.

-Je suis d’accord avec Severus. Voldemort a également attenté à la vie d’Harry cette nuit là ! N’est-il pas tout aussi important qu’il soit mis sous protection ?!

C’était Remus qui avait pris la parole. Harry se sentit pris d’un élan d’affection envers celui qui représentait à la fois un père, un mentor et un ami à ses yeux. Oui, s’il avait pu décider de sa naissance, le Serdaigle aurait voulu être le fils de Lupin plutôt que celui de James et Lily Potter. Malheureusement, c’était le genre de choses qu’on ne décidait pas… et sur cette pensée, un voile de tristesse obscurcit légèrement ses yeux verts.

-Voyons Remus ! Will est le Survivant ! C’est à lui que s’en prendront les mangemorts en priorité, pas à Harry ! Il ne représente rien pour eux… Commença Cornedrue.

-Et pour cause, puisqu’il ne représente rien pour ses propres parents !

La réplique acerbe de Remus suite aux paroles de James avait été des plus inhabituelles. Le lycanthrope n’était pas du genre à se montrer agressif, même lorsque la pleine lune approchait. Cependant en cet instant, ses yeux bleus brillaient d’une expression de colère et de ressentiment qui fit frissonner l’Auror. Sur ces mots, Remus se leva et se tourna vers Dumbledore.

-Faites ce qu’il vous plaira mais en ce qui me concerne, je protégerai Harry. Si vous avez besoin de moi, vous savez où me trouver.

Et alors qu’il était sur le point de se lever, une autre personne éleva la voix.

-Je suis d’accord avec Lupin. Protégez votre « Survivant » comme bon vous semblera mais je ne laisserais pas Lestrange s’attaquer à mon plus brillant élève, fusse-t-il un Potter !

S’il y avait bien une personne que James Potter n’aurait pas cru capable de dire ces mots, c’était bien Rogue. Parce que c’était bien son vieil ennemi, le Serpentard, qu’il aimait à surnommer « Servilus », qui venait de se lever. Rogue qui défendait un Potter ? Comment cela était-il seulement imaginable ?

Severus sembla se rendre compte de son trouble parce qu’il esquissa un sourire cynique. Lorsqu’il passa près de Potter pour quitter la pièce, il prit la parole d’un ton qui n’avait plus rien de neutre. Non, ce qu’il lui susurra à l’oreille était prononcé d’une voix glaciale.

-Harry n’a de toi que le nom et l’apparence, Potter. Tu ne réalises pas encore la terrible erreur que tu as commise mais bientôt, très bientôt même, tu le regretteras…

Et il enjoignit le pas à Lupin, tous deux quittant alors la réunion. Inutile de dire que ces deux départs intempestifs venaient de semer une sacrée pagaille au sein de l’Ordre. Comprenant que la poursuite de ce débat ne mènerait à rien ce soir, Dumbledore prit la parole d’un ton fatigué.

-Je pense que nous devrions tous aller dormir. La journée a été dure et il faut laisser reposer les esprits. Nous rediscuterons de cela d’ici trois jours, lorsque nous aurons de plus amples informations. La séance est levée.




Il n’avait guère été difficile pour Harry de reconduire Ginny dans le dortoir des Griffondor sans se faire prendre, notamment grâce à son exemplaire de la Carte du Maraudeur et à son habilité à se fondre dans l'obscurité. En ce qui concernait le Serdaigle, il avait préféré retourner à l’infirmerie. Néanmoins, il ne s’arrêta pas tout de suite dans la salle où se trouvaient les lits et se dirigea plutôt vers les toilettes. Une fois qu’il se fut assuré que la porte était fermée à clé, il ouvrit le robinet et fit couler l’eau dans le lavabo.

Profitant du bruit causé par l’écoulement, il murmura des sorts d’impassibilité vers la porte. Une fois que ce fut fait, il referma le robinet et remonta sa manche pour dévoiler son bracelet d’argent. Ce dernier se mit à scintiller et la silhouette de Dame Brunehilde apparût sur le disque de lumière.

-Bonsoir Harry, que puis-je pour toi cette fois-ci ?

-En fait, c’est plutôt à moi de vous faire part de quelque chose, dame Brunehilde.

Pour tout signe d’étonnement, la femme haussa un sourcil, incitant ainsi l’adolescent à continuer. Gardant un air imperturbable sur le visage, le jeune Potter sortit la fiole qui contenait le filament argenté et tendit le bras dans sa direction. La fiole fut comme aspirée par une rafale de vent et disparût.

-Il s’agit d’un souvenir datant d’il y a quelques minutes, concernant une réunion dans le QG de l’Ordre du Phénix.

-Oh, tu as donc réussi à trouver où il se trouvait…Je suis impressionnée, jeune Potter.

-Ce n’est pas tout. Vous ne devinerez jamais de quelle salle il s’agissait…

Un sourire malicieux naquit sur les lèvres du Serdaigle alors que les yeux bleus de Brunehilde se mirent à pétiller d’intérêt. Harry avait été sûr de l’attention que porterait cette femme à la salle qu’il avait découverte. Et pour cause, c’était elle qui lui en avait dévoilé l’existence.

-Serait-ce…

-Oui, la salle du Conseil. Je l’ai principalement reconnue en voyant les statues des fondateurs et la forme circulaire de la pièce mais les runes sur la porte m’ont ôté tout doute possible. Je dois dire que la salle d’observation a été particulièrement bien agencée…

Les lèvres de Brunehilde se plissèrent en un sourire amusé alors que ses yeux pétillaient encore davantage. Passant une main dans ses longs cheveux blonds, elle reprit la parole d’un ton velouté.

-Tu es décidément plein de ressources, Harry. La découverte de cette pièce va grandement te faciliter l’ouverture du portail. As-tu réuni tous les autres éléments ?

-En termes d’habileté, je maîtrise actuellement douze runes, c’est à peine le minimum requis mais avec le temps qui me sépare encore du jour J, je devrais pouvoir augmenter un peu ce nombre. Pour les fournitures, Dobby m’a presque tout rapporté du chemin de Traverse, les derniers éléments devraient me parvenir d’ici trois jours.

-Excellent…et en ce qui concerne l’autre partie de notre accord ?

Les yeux d’Harry se mirent à briller légèrement alors que sa voix se fit légèrement plus tendue.

-Les potions requises vont me demander plusieurs semaines mais j’ai à présent la capacité de les utiliser dans le but convenu. J’ai eu de la chance que le professeur Rogue accepte de me donner libre accès à sa réserve, même si je dois être surveillé.

-Il n’y a pas de hasard en ce monde, Harry, je te l’ai déjà dit. Ce professeur semble t’estimer, en dépit de l’inimité qu’il éprouve pour ton père. Cela prouve que tu dois être un élève remarquable dans sa classe, mais ça, ce n’est pas une surprise…

Harry détourna la tête, ses joues légèrement empourprées. Il était vrai qu’il était doué dans la plupart des matières et le fait d’avoir autant étudié le plaçait parmi les élèves les plus doués de Poudlard, et pas seulement pour les troisième année. Néanmoins, c’était toujours étrange pour lui de se faire louer ses mérites par quelqu’un d’autre que Remus.

-La partie la plus dure sera de l’acheminer jusqu’ici, surtout au niveau du timing. Dumbledore ne fait pas trop attention à moi, mon père non plus mais…ma mère commence à s’intéresser d’un peu trop près à moi.

-Oh…et n’est-ce pas une bonne chose ?

Les yeux émeraude d’Harry, jusque là songeurs, se firent le miroir d’une colère à peine contenue. Brunehilde avait déjà vu cette colère chez le garçon, d’une certaine manière, elle l’avait même alimentée, mais n’était-elle pas là une étape nécessaire pour accomplir son souhait ?

-La dernière chose dont j’ai besoin, c’est qu’elle fourre son nez dans mes affaires ! J’imagine qu’elle a dû tomber par hasard sur mes résultats scolaires en cherchant ceux de Will, mais ça n’a plus d’importance désormais…

-Fais comme il te plaira…Ah, comme tu le souhaitais, j’ai contacté les gobelins. L’affaire sera réglée d’ici quelques mois également. C’est le temps nécessaire pour que l’affaire soit traitée le plus discrètement possible, tu recevras les documents au moment voulu.

-Bien. Je vous recontacterai quand j’en saurais plus, mais mon souvenir devrait être suffisamment parlant pour le moment. Si vous voulez m’aider, j’aimerais bien être tenu au courant des faits et gestes des évadés pour pouvoir intervenir avant l’Ordre.

-Je pense que c’est un prix raisonnable pour les informations que tu viens de me fournir, jeune Potter… A très bientôt.

Et le disque de lumière disparût, plongeant la pièce dans une semi-obscurité. La seule source de lumière était le croissant de lune dont le faisceau lumineux passait au travers du vitrail. Le visage caché par l’ombre, le jeune Potter ôta son sortilège d’impassibilité et quitta la pièce…pour se retrouver nez à nez avec une silhouette qu’il ne connaissait que trop bien et qui lui fit esquisser un léger sourire.

-Salut oncle Remus.

Le lycanthrope esquissa un sourire et prit son neveu dans ses bras. Après une brève étreinte, Lupin lui donna une petite tape sur l’épaule avant de prendre la parole d’un ton malicieux.

-Et si tu me disais plutôt pourquoi tu étais à cette réunion en train vraisemblablement de nous écouter plutôt que dans ton lit à te reposer, Harry James Potter ?

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